‹ Les saints stylitesChapitre 36 sur 161 · LA VIE DE 5. SYMÉON STYLITE LE JEUNE LXXI · texte numérisé non relu

LA VIE DE 5. SYMÉON STYLITE LE JEUNE LXXI

moven de distinguer comme telles. Il Yen a de reconnaissables. Ainsi le trait de la corde trop serrée et des ulcères se révélant par l'odeur intolérable qui s’en dégage, est une réminiscence de la Vie de Syméon l'Ancien 1; l’histoire du fabricant qui place sur sa porte l’image de Syméon le Jeune fait pendant à ce que raconte Théodoret du premier Syméon, dont, à Rome, l'icone ornait l'entrée des ateliers comme gage de protection ?.

Il n'en reste pas moins vrai que la Vie de S. Syméon du Mont Admirable est un très curieux document, dont il faudra user avec le discernement convenable. Il nous en apprend beaucoup plus long sur le milieu d’où il est sorti que sur le saint dont il est d’un bout à l’autre le panégyrique. Reste à souhaiter que nous en possédions au plus tôt le texte original complet.

$ 3. Documents divers.

La Vie de Ste Marthe, qui forme une sorte de complément à la Vie de Syméon, n’est connue jusqu'ici que par le seul manuscrit de Florence, dont le P. Janninck a pu faire usage 3. Dans le manuscrit de Jérusalem Sab. 108 elle suit immédiatement la Vie de Syméon, et M. Van den Ven se propose de joindre à sa publication l'édition critique de cette seconde pièce, particulièrement précieuse au point de. vue de la topographie. L'histoire de Marthe est presque toute entière développée par les lieux communs, et les traits personnels sont rares. Diverses visions annoncent à Syméon et à elle-même que sa mort est proche. Elle se rend alors auprès de son fils, et le biographe lui fait tenir d'assez longs discours. Elle demande notamment d'être ensevelie à Daphné, avec les étrangers. Elle part, et après sa mort, qui ne tarde pas, elle reçoit la sépulture conformément à ses désirs. Mais avèrti par révélation, Syméon fait amener près de lui le corps de sa mère. Le transport s'effectue en grande solennité, et les reliques sont déposées dans le tombeau préparé par les disci-

1 Plus haut, p. XXV.

2 Plus haut, Ρ. XXXI. , 3 Bibliothèque Laurentienne, Plut. ΙΧ. cod. 14.

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ples. De nombreux miracles s’y opèrent, et le biographe se complaît à les raconter longuement. Syméon et plusieurs de ses disciples ont des visions à la suite desquelles le stylite entreprend la construction d’une nouvelle église à trois absides, dont Marthe elle-même a indiqué le plan. Les reliques y sont transportées en grande pompe. l Telles sont les deux premières parties de la Vie : vertus et miracles de la sainte. Une troisième partie n’a avec sa personne qu’un lien très léger. On y raconte l’arrivée au Mont Δάmirable d’une relique de la vraie Croix, apportée de Jérusalem. Syméôn avait demandé à Dieu de lui envoyer cette relique en souvenir de sa mère, et il se fait qu’elle lui parvient précisément au jour anniversaire de la mort de Marthe.

Ce récit est très étendu. L'événement est préparé par des visions et des épisodes assez étranges, dans lesquels trois moines géorgiens jouent le principal rôle. Il y a là aussi toute une correspondance : une lettre du staurophylax de Jérusalem, Thomas ; la réponse de Syméon à cette lettre ; une nouvelle lettre de Thomas, accompagnant l'envoi. La relique fut portée par le prêtre géorgien Antoine, à qui Syméon par la suite procura le siège de Séleucie. ;

Toute cette histoire est bizarre. Outre l’abus du surnaturel, on y remarque de la recherche et de la mise en scène. Les lettres ont tout l'air d’avoir été composées par le biographe. Ilest au moins étrange que Syméon lui-même appelle le théâtre de ses exploits le Mont Admirable : ὤφθην ἐν ὄρει ἁγίῳ τῷ Θαυμαστῷ, et qu'il trouve le moyen de rappeler à son correspondant qu'il était sur la colonne lorsqu'il a perdu ses premières dents : τοὺς ὀδόντας µου ἀλλάξας ἐν τῇ στάσει. En attendant que l’on nous donne le texte définitif de la biographie de Marthe, nous retiendrons deux faits qui ont leur importance. 1° Marthe fut enterrée dans la nouvelle église, et c’est là aussi que Syméon lui-même reçut la sépulture ; 20 les relations suivies des moines géorgiens avec le Mont Admirable, que la Vie de Syméon indique en passant, sont confirmées par le récit de la transmis- - sion de la relique de la sainte Croix. Elles le sont en quelque manière aussi par la popularité dont te nom de Syméon fut de bonne heure entouré en Géorgie. Sa Vie et celle de Marthe furent traduites au Mont Admirable par un moine géorgien dans la langue de son pays. On connaît plusieurs sanctuai-

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