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LA VIE ΡΕ 5. LUC LE STYLITE: XCIX

de Saint-Zacharie !, C’est par conséquent au milieu de l’année 925 qu'il s’est fait moine.

Un point encore reste à fixer. Combien d'années Luc passa-t-il au service de l’armée après son ordination sacerdotale ? D'après l'expression un peu recherchée du biographe, ce fut ἐπὶ χοόνοις ἑτέροις ἰσαρίθμοις τῶν προγεγραμµένων ?. Dans le contexte il y a deux chiffres ἀ᾽απηόος : les six ans qui s’écoulent entre la dix-huitième année et la vingt-quatrième du soldat, ἐπὶ χρόνον αρ, puis l'âge de l’ordination : μετὰ τὴν συµπλήρωσιν τοῦ εἰκοστοῦ τετάρτου χρόνου 3.

Il peut y avoir quelque hésitation sur le chiffre visé. Estce 6 ou 24 ? Le dernier éditeur du texte s’est décidé pour le second, parce qu'il serait déconcertant de la part d’un auteur aussi minutieux de nous laisser sans renseignements sur la vie du saint pendant une si longue période 4. La raison n’est peutêtre pas décisive, car en toute hypothèse, le biographe s’abstient, pour toute la période qui sépare la prêtrise de Luc de son entrée au monastère, de nous donner les détails abondants qu'il prodigue ensuite, et il s’agit simplement de savoir, si la fraction la plus notable de ces années obscures doit se reporter sur le service plutôt que sur le séjour au pays natal. Cette dernière explication n’est pas invraisemblable. Luc avait 24 ans accomplis lorsqu'il fut ordonné prêtre. Si vous ajoutez 24 ans de service, il n'a pu retourner chez ses parents avant 927. Or, on a vu que dès 925 il a dû embrasser la vie monastique au mont Olympe. Je doute fort qu’en tenant compte des flottements indispensables et qu'il faut réduire d'autant plus que notre auteur se montre plus soucieux de la précision chronologique, il soit possible de concilier toutes les données avec les vingt-quatre années de service.

On a rappelé plus haut que la colonne du quartier d'Eutrope fut renversée par le tremblement de terre de 986 et précipita dans la mer le stylite qui l’occupait. L'auteur de la Vie ne fait aucune allusion à l’événeinent. Il paraît légitime d’en conclure qu'il écrivait avant cette date.

1 Vila S. Lucae, c.8.

3 Vila S. Lucae, ο. 6.

3 Ibid.

4 VANDERSTUYF, t. ©, p. 169.

Les notices des synaxaires au 11 décembre doivent nous arrêter un instant. Les plus intéressantes sont celles du manuscrit de Paris 1589, et du synaxaire de Sirmond 1. Ge sont des résumés plus ou moins condensés de la Vie, avec quelques inexactitudes qu’il ne vaut pas la peine de relever. La comparaison des textes prouve à l'évidence que les deux notices sont indépendantes l’une de l’autre ; qu'elles dérivent d'une source commune ; que celle-ci n’est pas la Vie mais un texte apparenté et déjà abrégé. Nous croyons que les notices des synaxaires ont souvent passé par l'intermédiaire du Βίος ἐν συντόμφῳ. Il nous paraît probable que nous en avons ici un nouvel exemple. C’est sans doute dansun Bios ἐν OUYTOUG τοῦ ὁσίου Aovxä τοῦ στυλίτου que les auteurs des synaxaires ont trouvé les détails qui leur sont propres sur la chronologie, le lieu d’origine et la famille du saint.

La première des notices citées commence ainsi : Os drñoχεν ἐν τοῖς χρόνοις ‘Pœuavoÿ τοῦ γέροντος (920-944) καὶ Kowvσταντίνου τοῦ Πορφυρογεννήτου (912-959). Οὗτος ὁ µακαρίος ὥρμητο ἐκ γῆς ἀνατολῶν, θέματος ᾿ Ανατολικῶ», χωρίου ᾿Αττικὼμ βάνδου Adunns (al. ᾽Αττηκωµένου Βάνδου Λάμπης). La rédaction du manuscrit S : Οὗτος ἦν ἐπὶ τῆς βασιλείας Γωμανοῦ τοῦ γέροντος καὶ Κωνσταντίνου γαμβροῦ αὐτοῦ τοῦ ΠΠορφυρογεννήτου καὶ τρίτου υἱοῦ «Λέοντος τοῦ σοφωτάτου (886-91 1), πατριαρχοῦντος Θεοφυλάκτου (955-956) γνησίου υἱοῦ αὐτοῦ τοῦ βασιλέως ᾿Ῥωμανοῦ, ἐκ γῆς ᾿ Ανατολῶν ὁρμώμενος, υἱὸς Χριστοφόρου καὶ Καλῆς. La compilation de Nicodème le Synaxariste Τεproduit en substance cette dernière version ?.

Où l’auteur de la Vie abrégée a-t-il puisé les particularités que nous cherchons en vain dans la grande Vie ? Les formules | chronologiques peuvent être de lui. Avec les attaches que fournit le biographe, les synchronismes étaient d'autant plus faciles à établir que l’auteur était moins éloigné des événements. Nous avons des manuscrits fort anciens, du milieu du XIe siècle, contenant les notices des synaxaires. Le Βίος ἔν συντόμῳ peut remonter sans difficulté au X°— ne faisait-il pas partie de la série publiée par Laty$ev, et à laquelle le mois de décembre manque malheureusement ? Supposons que le rédac-

1 Synax. Eccl. CP., p. 299-302.

2 Reproduite dans Anal. Bolland., t. XXVNIII, p. 8-10.

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