‹ Les saints stylitesChapitre 56 sur 161 · SAINT LAZARE LE GALISIOTE - CIX · texte numérisé non relu

SAINT LAZARE LE GALISIOTE - CIX

notice de synaxaire 1. Comme il n’est autre chose que la combinaison des deux autres pièces, ou le résumé d’une Vie perdue où cette combinaison était déjà faite, ce texte est absolument dénué d'importance. C’est donc exclusivement au moine Grégoire que nous emprunterons ce que nous avons à dire de S. Lazare.

Lazare est un nom de religion. Notre héros s'appelait d’abord Léon. Il était originaire d’un village: voisin de Magnésie du Méandre. A l’âge de six ans, ses parents le confient à un prêtre nommé Léonce. Trois ans plus tard, il est envoyé εἰς ᾿Ορόβους, chez le notaire Georges, pour continuer son éducation, et après trois nouvelles années, son oncle Élie, moine du couvent τῶν Καλαθῶν, le prend avec lui pour lui donner une formation ecclésiastique. Le désir de visiter les lieux saints

- s'étant emparé de lui, il s'enfuit du monastère. Mais son oncle

le fit ramener, et après l'avoir retenu deux ans, il le plaça au monastère τοῦ Στροβιλίου, auprès d’un notaire, chargé de le perfectionner dans son art (τῆς τῶν νοταρίων ἐπιστήμης). Ce fut Léon qui devint bientôt son maître, mais dans la science des saints. Après trois ans il fit une nouvelle tentative pour réaliser le projet qu'il caressait toujours ; cette fois encore on parvint à le rejoindre et à le ramener. Mais dix mois plus tard, il s’échappait définitivement, avec les bénédictions d’un stylite dont on nous laisse ignorer le nom.

Aux environs d’Attalia, il entre dans un monastère, prend l’habit religieux, et se retire bientôt dans une grotte peu éloignée de là. Il y reste sent ans, après lesquels il se rend enfin à Jérusalem, où il se fait recevoir à Saint-Sabas. L’abbé cherche en vain à modérer son amour de la solitude et finit par le renvoyer. Lazare va frapper à la porte de Saint-Euthyme qu'il quitta ensuite pour de bonnes raisons, et fut de nouveau accepté à Saint-Sabas. Là, il fut ordonné prêtre. Les Sarrasins s'étant jetés sur la ville, il est contraint de s'enfuir et reprend le chemin de son pays. -

Le voyage ne se passe pas sans incidents. A Laodicée du Liban, Paul, son compagnon, le quitte pour « s’enfermer dans une colonne ». Près d’Antioche, il visite le couvent de Saint- Syméon-le-Jeune. Un peu plus tard nous le retrouvons à Eu-

1 Act. SS., Nov. t. 111, p. 607-608.

chaïta, puis au monastère τῶν ᾿Ορόβων, où il demeura quelques jours pour aller de là à Éphèse. Non loin de cette ville, au pied d’une colline τοῦ Κουμαρῶνος, près d’une source et d’un oratoire dédié à sainte Marine, vivaient deux moines nommés Hilaire et Léontius. Ilse joignit à eux et se fit construire une colonne couverte d’un toit. Après avoir vécu quelque temps sous cet abri, il le fit disparaître, pour imiter plus parfaitement S. Syméon Stylite. Sa renommée se répandit rapidement aux alentours. On venait le voir de partout, et il trouvait le moyen de partager avec les pauvres le pain que les fidèles lui procuraient. Quelques disciples voulurent recevoir de sa main l’habit monastique. Il fallut leur construire des cellules et un oratoire à la place de la petite chapelle de Sainte-Marine devenue insuffisante. Une pieuse femme se chargea de la dépense. Il demeura sept ans au sommet de la colonne, exposé au froid comme à la chaleur, chargé encore de lourdes chaînes. Il dormait peu et prenait son repas assis sur un petit siège. Il ne mangeait que du pain d'orge et ne buvait que de l’eau; le pain lui-même fut remplacé par des légumes.

Malheureusement, ni la colonne ni le monastère, situés près de la route des caravanes, n’offraient un refuge assez sûr au recueillement, et Lazare ne trouvait pas le repos qu'il avait cherché. Il médita donc de se retirer dans la montagne voisine dont les gorges sauvages et peu accessibles décourageraient les visiteurs. Une nuit, à l’insu de tous, il exécuta son dessein. Tout d’abord il alla consulter un stylite, fixé dans un endroit nommé Petra, mais qui songeait à le quitter. La pensée lui vint de prendre sa place. Mais le stylite l’en dissuada, et lui conseilla d'entrer plutôt dans une grotte sanctifiée d’abord par le moine Paphnutius. Lazare y resta six mois, au bout desquels le métropolite d’Éphèse lui donna l’ordre de rentrer à Sainte-Marine. Il quitta donc la montagne, mais non sans esprit de retour, car il fit réparer la citerne qui se trouvait devant la grotte. Quand elle fut remise en état et de nouveau remplie, il reprit le chemin du Galisios, avec cinq compagnons. Il entra seul dans la caverne, où les frères lui apportaient chaque semaine une cruche d’eau et quelques légumes. Il n’en sortit que pour monter sur une colonne non couverte qu’il se

fit préparer. Il y eut là une église sous le vocable du Sauveur :

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