‹ Les saints stylitesChapitre 59 sur 161 · LES STYLITES À TRAVERS LES AGES · texte numérisé non relu

LES STYLITES À TRAVERS LES AGES

L'auteur d’un répertoire d’archéologie chrétienne justement estimé, a écrit cette. phrase à propos de S. Syméon Stylite l’ancien : « Ce genre de vie avait peu d’attraits et n’eut jamais qu’un nombre fort restreint d’imitateurs 1,» Ce qui précède suffirait à faire justice d’une assertion de tout point inexacte. Pendant de longs siècles l’héroïque extravagance du grand Syméon exerça une véritable fascination sur l'esprit des ascètes orientaux ; et malgré les difficultés matérielles qu'’entraîne le séjour dans un ermitage élevé au-dessus de terre, le nombre de stylites qui sont nommés dans l’histoire ecclésiastique est véritablement étonnant. Il y a plus. Les textes ne manquent pas où les stylites sont cités comme formant une catégorie à part; le nom désigne une élite de moines relativement nombreuse et fort considérée. Une revue rapide des sources de l’histoire des stylites à travers les âges donnera une idée exacte du mouvement créé par Syméon ?.

1 MARTIGNY, Dictionnaire des Antiquités chrétiennes, 2 éd., p. 745. BincHaAM, Origines ecclesiasticae, t. 111, p. 17, l'avait dit avant lui.

2 Les dissertations sur les stylites ne manquent pas. Nous en avons parcouru un bon nombre dont quelques-unes nous ont όιό fort utiles. Il a semblé superflu d’indiquer tous les cas particuliers où nos conclusions diffèrent de celles d'autrui. Nous avons jugé plus important d'appuyer notre opinion sur les documents. Voici d’ailleurs les principaux auteurs qui ont traité le même sujet: M. Ra-. DERUS, Viridarium Sanclorum, 1614, part. τι, ὁ 1V, de SEyYIIUSE Ηοςρινιακύς, De Monachis (Genovae, 1689), 1. IL, €. 1V ; GRETSER, Libri tres posthumi rerum variarum, 1. T, C. 1; Opp., t. XIII; Bozzaxpus, Acta SS., lanuarii t. 1, p. 262; THÉOPHILE RAYNAUD, Trinitas patriarcharum (Lugduni, 1647), p. 5-40 ; JANNINCK, Acta SS., Maïi {. V, p. 289-909 ; LAUTENSACK, De Symeone Stylita (Wittenberg, 1700); BiNGHAM, Origines ecclesiast., t. III, p. 17-19 ; G. Wicrmeim, Notae historicae in Gregorii Turonensis narrationem de S. Vulfilaico, dans Bulletins de la Commission royale d’histoire,

Il n’y a rien à ajouter à ce que nous avons dit des six. grands stylites dont la biographie nous est parvenue. On s’étonnera peut-être de l’omission d’un septième nom, celui de S. Théodule, dont les Actes grecs, publiés par Ῥαρεβτος] 1, sont fort intéressants. Il faut expliquer pourquoi Théodule n’a pas pris rang parmi ces héros. :

Théodule, ancien préfet de Constantinople, vivait, à ce qu’assure son biographe, sous le règne de Théodose le Grand. A l’âge de quarante-deux ans, il aurait renoncé à sa charge et dit adieu au monde pour aller passer le reste de ses jours sur une colonne aux environs d'Édesse. Il y serait demeuré quarante-huit ans et sept mois.

Quelque temps avant sa mort, nous raconte-t-on, il pria Dieu de lui faire connaître auquel de ses serviteurs il se trouvait égal en mérites et en gloire. Il lui fut révélé qu'il aurait la même récompense qu’un comédien de Damas nommé Corneille. Troublé et humilié par cette réponse, l’austère pénitent voulut savoir quelles vertus ce comédien avait bien pu pratiquer pour s'élever aussi haut. Il quitta sa colonne et se rendit à Damas, où on lui montra l’homme qu’il cherchait. Ἡ le rencontra à l’hippodrome, portant sa cithare et tenant une courtisane par la main. Lorsque le saint eut maîtrisé son étonnement, il interrogea ce malheureux, qui lui avoua que toute sa vie n’était qu’un enchaînement de turpitudes et de crimes. Il ne se souvenait que d’une seule bonne action : un jour, il avait généreusement donné tout son bien pour arracher au déshonneur une noble dame réduite à la misère.

t. VII (1843), p. 300-342; GHesQuiÈèRE, Acta SS. Belgii, t. II, p. 174 ; M.-V.-G. SiBerus, De sanctis columnaribus, Lipsiae, 1714 ; C. ΜΑΞΤΕΙΙΙ, Dissertatio de Stylitis, ap. S. E. AssEMANI, Acta SS. Martyrum orientalium, t. 11 (1748), p. 246-68 ; cette dissertation posthume est peut-être la meilleure qui existe sur le sujet ; I.-C. Kregs, De Siylitis commentfatiuncula, Lipsiae, : 1758; NEANDER, Allgemeine, Geschichte der christlichen Religion und Kirche, t. II, 2 (Hamburg, 1829), p. 548-51; F. UHLEMANN, Symeon der erste Säulenheilige in Syrien, dans Zeitschrift für die historische Theologie, Leipzig, 1846; P. ZINGERLE, Leben und Wirken des hl. Symeon Stylites, Innsbruck, 1855; TH. ΝΟΙΡΕΚΕ, Orienfalische Skizzen (Berlin, 1982), p. 224-39 : 5. VAILHÉ, Les stylites de Constantinople, dans Échos d'Orient, t. 1 (1897), p. 303-307. ; 1 BHG, 1785, #5 |

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