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LES STYLITES Α TRAVERS LES AGES CXXIII

Parmi les Vies et récits d’anachorètes dont les histoires ne sont pas encore suffisamment classées, il en est une, impossi- , ble à dater, qui se rapproche beaucoup du genre de Moschos, et que pour cette raison nous placerons ici. Il y avait en Asie, εἰς τὰ µέρη τῆς ᾿Ασίας, un stylite remarquable. Les frères l'obligent à aller à Constantinople, trouver l’empereur, pour l'utilité du monastère situé au bas de sa colonne. Il se rend à l’hospice de l’Orphelinat, εἷς τὸ ξενοδοχεῖον τοῦ ᾿Ορφανοτροφείου. C'était l’hiver, et il y avait un grand feu. Des moines hérétiques, qui se chauffent, s’entretiennent de leur hérésie. Pour montrer qu’il possède la vraie foi, le stylite se met dans le feu et n’éprouve aucun mal 1.

Si l’on peut faire état d’un renseignement emprunté à la curieuse Vie de S.Théodore, évêque d’Édesse, un grand nombre de colonnes auraient été bâties aux environs de cette ville sous le règne de l’empereur Maurice, et de nombreux stylites, à diverses époques, y auraient établi leur demeure ?.

C’est probablement vers la même époque qu’il faut placer le stylite Antoine, moine syrien qui vint s'établir en Géorgie. D’après la version courante de son histoire, S. Antoine Martomqophel (le reclus), originaire de Mésopotamie, a connu S. Syméon Stylite le jeune, qu’il alla saluer avec ses compagnons, avant de se rendre en Géorgie 8. Là il s’établit dans la montagne, non loin de Mtzkhetha, et se construisit une colonne de sept «sagènes » de hauteur ", avec une petite église dédiée à S. Syméon Stylite. Il y passa le reste de ses jours. C’est un saint très honoré en Géorgie 5.

S. Théodore le Sicéote (évêque en 613) ne doit pas être compté, en toute rigueur, au nombre des stylites, bien qu'il

1F. Nau, d’après le manuscrit grec de Paris 1596, dans Revue de l'Orient chrétien, t. VII (1902), p. 615.

2 BHG. 1744, POMJALOVSKIJ, Ρ. 952.

3 SABININ dans son Paradis de la Géorgie (en géorgien), p. 293- 295, a publié une Vie assez courte et un office de S. Antoine. Il existe une vie populaire en géorgien, dont une traduction russe a paru à Tiflis (2 édition, 1899).

4 La sagène équivaut à m. 2, 1335.

5 Résumé de sa légende dans BrosseT, Histoire de la Géorgie, t. I, p. 210-12.

se fasse construire une sorte de cage, où ilse tient debout durant un long carême !. Mais il est parlé dans sa Vie d’un disciple du nom d’Arsinos, qui, après avoir passé un hiver dans une cellule du même genre, fait établir une colonne très élevée, ἐποίησε στῦλον ὑψηλότατον ?, où, pendant quarante ans, il selivre aux exercices de la plus rude pénitence.

C’est sous le règne d’Héraclius (610-641), que nous rencontrons le premier stylite égyptien dont l’histoire ait gardé le souvenir. Jean de Nikiou parle de lui en ces termes : «Il y avait un saint vieillard, nommé Théophile le Confesseur, qui demeurait au haut d’une colonne, au bord du fleuve. C'était un homme doué de l'esprit de prophétie. Ce vieillard demeura sur la colonne pendant quarante ans. Nicétas le visitait souvent ; car Théodore, le général, Ménas, le coadjuteur, et Théodose, qui étaient ses partisans, lui avaient parlé des vertus de ce saint. Nicétas se rendit auprès de lui et lui demanda à qui serait la victoire ; car il craignait qu'il ne lui arrivât ce qui était arrivé à Bônâkis. Le saint lui répondit : « C’est toi qui triompheras de Bonose ; tu renverseras le gouvernement de Phocas, et Héraclius sera empereur cette année 3. » L’événement justifia la prédiction, et, ajoute le chroniqueur, « toute l'Égypte, depuis la grande ville d'Alexandrie jusqu’au bourg de Théophile le stylite, qui avait prédit l’avènement ἆ Ἠέταclius, se trouvait au pouvoir de Nicétas 4.» La localisation est vague ; mais on peut conclure de la phrase énoncée que la colonne s’élevait sur les bords du Nil à très grande distance d'Alexandrie.

Le moine Anastase, écrivant vers le milieu du VII siècle, parle d’un stylite qui vivait à dix milles de Damas : στυλίτης τίς ἐστι Χριστοῦ δοῦλος ἀπὸ μιλίων δώδεκα 4αμασκοῦδ, et de son disciple Jean, qui se fit stylite à Diospolis : τὸν

1 Vita BHG. 1748, η. 27, ΤΗΕΟΡΙΠΙΟΣ IoaNNou, Ρ. 386.

5 Ibid., η. 48, p. 406.

3 H. ZoTENBERG, Chronique de Jean, évêque de Nikiou, dans Notices et extraits des manuscrits t. XXIV, p. 547-50; ο. 108.

4 Ibid., ο. 109, p. 550.

$ Publié par F. Nau, dans Oriens Christienus, t. III (1903) Du

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