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LES STYLITES A TRAVERS LES AGES CXXV

On le voit, S. Alypius n'est pas le seul stylite du VIT siècle. De combien d’autres nous ignorons les noms. Sous le règne de Constant II (641-668), la chronique de Georges Hamartolos enregistre une furieuse tempête qui renversa beaucoup d’arbres et de colonnes de solitaires ?. Cet accouplement de mots fait songer à une forêt de colonnes. Il est bien certain à tout le moins qu’elles devaient être nombreuses, pour mériter une mention aussi spéciale.

Jean le Stylite de Litharba ou al-Athârib, près d’Alep, vivait à la fin du VII et au commencement du VIII siècle ὃ Auteur d’une chronique qui a servi de source à Michel le Syrien, il a été aussi le correspondant de Jacques d'Édesse et de Georges, évêque des Arabes. Les neuf lettres qui lui sont adressées répondent à des questions posées par lui sur divers points d'histoire littéraire, d’exégèse et d'astronomie 3.

Bien que l’on ne connaisse que par des données incomplètes le stylite Timothée, qui vivait aux environs d’Antioche, sous le patriarche Théodoret, au temps de la domination arabe, nous ne pouvons omettre de le nommer ici. Le manuscrit 684 du Musée archéologique ecclésiastique de Tiflis, écrit sur parchemin dans le courant du XIe siècle,contient, fol.194-252, une Vie de ce saint, avec 25 miracles 5. Il est à présumer que ce long récit, où l’auteur parle à la première personne, renferme bien des détails intéressants tout au moins pour l’histoire de l’é époque et la connaissance du pays, et il faut souhaiter qu’il voie le jour le plus tôt possible $.

1 Ibid., p. 65. Ailleurs il est dit de l’abbé Martyrius : ἀπῆλδεν πρὸς τὸν στῶλον τῆς καθ’ ἡμᾶς ἐρήμου. C’est une colonne métaphorique. L'auteur veut désigner l’abbé Jean le Sabaïte.

2 Chronicon, 234, P.G., t. CX, p. 861.

8 V. RyssEL, Georgs des Araber-Bischofs Gedichte und Briefe (Leipzig, 1891), p. 180-81.

4F,Nau, Cinq lettres de Jacques d’Édesse à Jean le. st ylite dans Revue de l'Orient chrétien, t. XIV (1909), p. 127-40 ; RYSSEL, t. c., pp. 64-79, 112-29; Zeitschrift der deutschen Morgenländischen Gesellschaft, t. XXIV, p., 261.

5 Voir le catalogue de ZoRDANIA, t. II, p. 159. Cf. P. PEETERS, dans Anal. Bolland., t. XXXII, p. 240, note.

6 Nous savons que, durant la guerre, M. Kekelidze avait com-

Nous avons rencontré des stylites aux environs de Damas. Un épisode de la construction de la grande mosquée sous al- Wäâlid (705-715) donne à penser qu’il y en avait à Damas même. Yahya ben Yahya le raconte en ces termes : « Lorsque al-Walid, fils de ‘abd al-Malek, songea à démolir l’église d’Yohanna (Saint-Jean) pour en agrandir la grande mosquée, il entra dans l’église, puis monta au minaret polygonal connu sous le nom des Heures (l'horloge). Il s’y trouvait un moine qui s'était retiré dans un ermitage à lui. Le khalife l'ayant sommé de descendre, le moine parla beaucoup. Alors al-Walid ne cessa de le tenir par la nuque jusqu’à ce qu’il l’eût fait descendre du minaret 1.»

Un pèlerin célèbre, venu d'Occident, S. Willibald (723) a probablement vu deux stylites à Milet. C’est ce que semble dire, dans sa langue barbare, l’auteur de sa Vie: Venerunt. ad urbem quae vocatur Milite ; illa fuit quondam de aquis peritura. Ibi sedebant duo ο... in stulice, id est fabricatum atque firmatum cum mura magna de lapideis valde summa, ut aqua eis nocere non possit ?,

La chronique du patriarche Denys nous fait connaître trois noms de stylites du VIII siècle : Thomas de Tela (entre Nisibe et Édesse), Théodote évêque d’Amida, qui abdiqua et se fit élever une colonne entre sa ville épiscopale et Dara; Zacharie, que l’on obligea de descendre de la sienne pour monter sur le siège d’Édesse 3. ,

Sous Constantin Copronyme (741-775) fut martyrisé à Constantinople Pierre Je stylite 4, André, selon d’autres 5. 5. Étien-

mencé l'impression du texte. Il a été HAE de savoir s’il a pu la mener à bonne firt.

1H. SauvAIRE, Description de Damas, dans abat Asiatique, mars-avril 1896, p. 189.

2 BHL. 8931, M.G., p. 93.

3 Extraits de la chronique du patitarehe Denys dans J.S. ASSE- ‘ MANI; Bibliotheca orientalis, t. 11, pp. 105, 102 ; J. CHABOT, Quatrième partie de la chronique syriaque de Bite de Tell-Mahré, (Paris, 1895), pp. 14, 18 ; 11, 14, 18 ; 66, 90. Sur Thomas de Tela, voir aussi AssEMANI, Bibl. apost. Vatic., t. II, p. 260 (au calendrier le 24 mars),t. III, p. 533 |

“ Theophanis Chronographia ad ann. 6259, DE Boon, t. I, p. 442.

5 Voir les remarques du P. CARPENTIER, Act. SS., Oct. t. VIII, pp. 128, 132.

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