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LES STYLITES A TRAVERS LES AGES CXXVII

ne le Jeune,un martyr du même règne, semble devoir être rangé plutôt parmi les reclus que parmi les stylites. D’après son biographe, il se fit dans l’îlé de Proconnèse une petite cellule en forme de colonne : στυλοειδὲς μικρὸν ἔγκλειστρον 1,

Les stylites mentionnés dans les œuvres de Théodore Studite nous amènent au IX® siècle. Il y a une lettre du saint à un certain Théodule, qui s’était permis de peindre des images peu en harmonie avec la tradition ecclésiastique 2. Avait-il établi un atelier de peinture au sommet de sa colonne, ou serait-ce plutôt un péché de la vie passée que le saint li rappelle? Les termes de la lettre ne permettent pas de trancher la question. Dans une même catéchèse de S. Théodore sont cités trois stylites qui, malheureusement, finirent mal : un certain Psalterios, un Saprites et Amphiloque, ancien membre de la communauté des Studites 5. Dans une autre, nous lisons le récit des souffrances d’un confesseur de la foi qui venait de mourir et qui avait été stylite 4. |

La Vie de S. Paul le Jeune rattache au règne de Michel II (820-828) le moine Athanase, qui se réfugia au mont Latros, près de Milet, et s’enferma pendant vingt-deux ans dans une caverne située au sommet d’un rocher formant colonne 5.

Les sources syriaques font connaître d’autres stylites. Thomas de Marga raconte la fin malheureuse d’un jacobite qui habitait une colonne de gypse à Beth-Kardâgh et qui fut tué par la grêle pour s’être moqué de Mâran-Ammeh, métropolitain nestorien de l’Adiabène 6. Basile II, avant de devenir, en 848, primat des jacobites, s’appelait Lazare le stylite, et dépendait du monastère de Beth-Bottin en Mésopotamie ?.

1 BHG. 1666. Anal. graec., p. 486.

2 Epist. 1. 15, P.G., t. XCIX, p. 957.

5 Catech. X XVIII. E. Auvray, S. P. Ν. Theodori parva calechesis (Paris, 1891), pp. 139, 140.

4 Catech. CXXI, ibid., p. 419, 420.

5 BHG. 1474, Anal. Bolland., t. XI, p. 42, et mieux dans la. nouvelle édition que nous en avons donnée dans ΤΗ. WIEGAND, Milet, t. III (Berlin, 1913), p. 105-135.

6Lib. III, ο. var, Wazuis BUDGE, The Book of Guvernors, The Historia monastica of Thomas Bishop of Ματρᾶ, a. D. 840,t. 11 (London, 1893), p. 330-34. ae

7 ABBELOOS- LAMY, Gregorii Barhebraei Chronicon ecclesiasticum, t. 111 (1877), p. 196.

Le voyageur de Terre Sainte qui dressa, au temps de Charlemagne, la statistique publiée par De Rossi, a remarqué un stylite à Bethléem : Znclusi qui in columna sedent exemplo S. Symeonis : I. Il parle de ces inclusi comme d’une catégorie ; il en signale un à cet endroit, mais il en a peut-être vu ailleurs 1.

Le moine Épiphane signale à Gethsémani cent recluses, dont le pasteur,dit-il, est un autre stylite qui les gouverne de sa fenêtre: Kai εἰς τὸν αὐτὸν τόπον εἰσὶν ἑκατὸν ἔγκλεισται ... καὶ ποιµαίΐνει αὐτὰς στυλίτης ἕτερος διὰ θυρίδος 3.

La phrase donne à penser que ces religieuses étaient enfermées dans une petite cellule perchée sur une colonne. Colonie étrange et dont le gouvernement devait être singulièrement difficile. Avant de se prononcer, il faudrait être sûr du texte d'Épiphane. Or, sa 4ιήγήσις existe en deux recensions, celle du manuscrit de la Vaticane gr. 443, publiée par Dressel, et que nous venons de citer, et celle du manuscrit du Saint-Synode de Moscou 148, publiée par V. Vasilievskij ὃ. Cette dernière présente à cet endroit une variante importante : εἰς δὲ τὸν αὐτὸν τόπον εἰσὶν ἔγκλεισται, ὡς ἐπὶ τῶν ἸΜυροφόθων, καὶ ποιµαίνει αὐτὰς εἷς στυλίτης, διὰ τῆς θυρίδος συνομιλῶν αὐτάς. Bien que la version slavonne 4 soit d’accord ici avec le manuscrit de la Vaticane, il est difficile de décider lequel des deux textes est l'original et, par suite, quelle est la vraie pensée ἆ Ἐρίρμαπο, Ils sont d’accord pour dire qu’il y avait là un monastère de femmes, que ces femmes étaient vouées à la réclusion, que leur directeur, un stylite, entrait en communication avec elles sans quitter sa retraite. Reste à savoir si ces recluses habitaient également une colonne. La seconde”version les assimile aux religieuses du coùvent des Saintes-Femmes (τῶν Μυροφόρων). Est-il bien probable qu'il

1 Bullettino di archeologia cristiana, 1865, p. 84, 1. 26-27. Ilne faut pas se hâter de conclure du sedent, que le stylite de Gethsémani ne se tenait pas debout comme les autres. Grégoire de Tours eniploie la même expression en parlant de S. Syméon . «Nectu ignobilis Symeoni Antiochino qui columnae insedit poteris comparari.» Hist. Franc, VIII, 15.

3P. 6., t. CXX, p. 268.

3 Dans le Sbornik de la Société Pravoslave de Palestine, t. IV (1886), p. 10-15.

6 Ibid., p. 16-20,

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