‹ Les saints stylitesChapitre 67 sur 161 · LES STYLITES A TRAVERS LES AGES CXXXIII · texte numérisé non relu

LES STYLITES A TRAVERS LES AGES CXXXIII

une adressée τῷ τιµιωτάτῳ μοναχῷ καὶ στυλίτῃ κυρῷ ᾿Ιωάν- ᾿ νῃ τῷ Σιναϊτῃὶ. Nous ignorons tout de ce personnage.

A cette époque vivait le stylite de Thessalonique à qui l'archevêque Eustathe adresse une longue exhortation, dans laquelle il épuise littéralement les formules de la louange en l'honneur de la colonne. Malheureusement la clarté n’est pas le. principal mérite de ce morceau dithyrambique ?.

Voici un stylite en pays slave: S. Nicétas de Perejaslawl, honoré dans l’Église russe le 24 mai. Sa fin extraordinaire mérite d’être rappelée. On le voyait debout sur sa colonne, revêtu d’un cilice de fer; dont les mailles finirent par devenir

-si luisantes qu’elles brillaient au soleil comme une armure

d'argent. Des brigands y furent trompés et conçurent le dessein de s'emparer d’une aussi riche dépouille. Ils montèrent à l'assaut de la colonne et assassinèrent le stylite. Le fait arriva -en 1186 5.

Il y avait à Constantinople deux colonnes triomphales, érigées sur le modèle de la colonne Trajane à Rome, l’une par Théodose, l’autre par Arcadius *. Au XIII siècle, les statues des empereurs qui les surmontaient n’y étaient plus ; mais les colonnes servaient d'habitation à des stylites 5.

1P, G., t. CLVIII, p. : 647. Cf. KRUMBACHER, Michael Glykas, dans Sitzungsberichte der K. bayerischen Akademie, 1894, Ρ. 421 ; PAPADOPoULOs-KERAMEUS, ᾿Ἱεροσολυμιτικὴ βιβλιοθήκη, t. IV, p. 221.

2 Ad stylitam quendarm Thessalonicensem, P. G., t. CXXXVE p. 917.64. Courie analyse dans NeanDEr, Charakteristik des Eustathius von Thessalonich dans Abhandlungen der k. Akademie der Wisschenschaften zu Berlin; 1841, p. 76-77.

8 MARTINOV, Annus ecclesiasticus graeco-slavicus, Ρ. 139.

4A. GErrroy, La colonne d’Arcadius à Constantinople, dans Monuments et mémoires Piot,t. 1, p. 99-130.

5 RoBERT DE CLARY, La prise de Constantinople, ο. 92: « Encore 1 avoit il ailleurs en le chite une greigneur mervelle ; qui il i avoit II. colombes ; si avoit bier cascune III. brachies a homme de groisseur, et si avoit bien cascune L. toises de haut et seur cascune de ches colombes manoit uns hermites lassus en petis habitaclis qui i estoient, et si i voit huis par dedens les colombes,

ar ou on i montoit.» Dans Hopr, Chroniques Gréco-Romanes (Berlin, 1873), Ῥ. 70 ; GONTIER DE PAIRIS, Hist. CPtana, 21, dans

- RIANT, p.61. ΄

Dans un manuscrit du XIV siècle qui n’a fait l’objet, jusqu'ici, d'aucune étude spéciale, on lit une lettre -adressée à un stylite : Συμεὼν µητροπολίτου Εὐχαΐτων ἐπιστολὴ πρός τινα μοναχὸν στυλίτην1. L'auteur de la lettre est aussi inconnu que le destinataire, et nous en sommes réduits à mentionner simplement l’une et l’autre. :

Au XVE siècle, la liste des stylites s’allonge de deux noms: le stylite Jacques en Mésopotamie ? et le moine Sabas (f 1461) qui s'établit sur une- colonne aux environs de Novgorod 3.

Des mémoires du baron de Herberstein, écrits en 1526, il résulte que l'institution était en vigueur au XVI® siècle chez . les Ruthènes. Beaucoup de moines parmi eux se retiraient dans la solitude et s’y construisaient de petites cabanes étroi- tes montées sur des colonnes Α. Ce ne sont pas les derniers stylites dont l’histoire fasse mention.

Depuis le XVIIe siècle au moins, l’architrave de l’Olympieion d'Athènes était surmontée d’une cellule 5, On a prétendu qu’elle était habitée par un stylite 6, d’autres disent par un derviche 7. Les relations des voyageurs qui mentionnent la tradition, qui avait cours parmi les chrétiens comme parmi les Turcs, manquent de précision 8. Α la fin du XVIII siè-

1 Bibliothèque Nationale d'Athènes, cod. 293, fol. 98Υ-1019.

3 Barhebraei continuator ad annum Christi 1412, dans ASSEMANI, Acta SS., martyrum orientalium, t. II, p. 258.

* MARTINOV, Annus ecclesiasticus graeco-slavicus, Ρ. 2549.

*« Ex Rerum Moscovitarum Commentario Sigismundi baronis in Herberstein.…. sub annum ΜΡΣΧΧΝΙ conscripto.» Αεία SS., Maii t. 1, p. xxvurt. L'ouvrage du baron de Herberstein a été imprimé à Bâle en 1556, et plusieurs fois depuis. Il a été inséré dans les Rerum Moscovitarum scriptores varii (Francofurti, 1600), p. 1-117.

5 Cette cellule est figurée sur un dessin attribué à J. Carey. OMonT, Afhènes au XVII® siècle (Paris, 1898), pl. 22.

‘ GREGOROVIUS, Geschichte der Stadt Athen im Mittelalter, t. I, P. 68, se prononce fort legèrement, et ne voit pas de difficulté à admettre que la colonnade de l’Olympieion ait pu, dès le Ve siècle, porter l’abri d’un stylite.

? C.C. FRANKLAND, To and from Constantinople in 1827 and 1828, t.:I, p. 302 ; SKARLATOS ΒΥΖΑΝΤΙΟ, Κωνσταντφούπολις, t. 111, p. 94. .

8 Voir PocockeE, Description of the East, t; H,°°2, p: 1686 CHANDLER, Traveis in Greece, p. 87; HoBHouse, Travels, t, I,

Page 1