LES STYLITES Α TRAVERS LES AGES CXXXV
cle le réduit avait depuis longtemps cessé d’être habité !.
Le XIXe siècle eut ses stylites. Brosset, vers 1848, en visita un en Géorgie, à Dchqondidi. Voici comment il rend compte de sa visite : « Non loin de l’église se dresse une tour carrée, qui doit être d’égale antiquité et qui n’est pas moins riche en sculpture. Cette tour, dite Swéti ou colonne, sert en effet de résidence à un stylite. On arrive en haut par un escalier vermoulu, d’ascension dangereuse, car un faux pas, une planche brisée vous précipiterait sur une pente très abrupte et vous ferait rouler jusqu’au bas de la montagne. Au sommet de l’échelle on entre dans une pauvre cellule, où vit un reclus volontaire, de qui le dénûment, la maigreur et la décrépitude forment un spectacle attendrissant. Pourtant la cellule n’est jamais vide et l’on y vit longtemps ?.» Vingt ans plus tard; un voyageur vit en Roumanie, près du monastère de Tizmana, la cellule d’un solitaire qu’il put à bon droit qualifier de stylite : « Tizmana, dit-il, possédait naguère son saint. Il habitait une cavité naturelle ouverte au flanc du roc perpendiculaire auquel les bâtiments s’appuient, à quinze ou vingt mètres de hauteur au-dessus d’une source. Dans cette logette, il pouvait à peine se tenir debout ou couché, et tirait par une corde les vivres qu’on lui apportait du monastère. Ce stylite vécut là assez longtemps et y mourut, mais sans avoir dépassé l’âge ἆ Ὥοπιme 5.»
L'énumération qui précède devrait être allongée de quelques noms qu’il est difficile de fixer à une date assez précise, et que nous préférons réunir ici. 2
Le 14 du mois de toth (11 septembre) dans le ‘synaxaire copte, le 14 de maskaram dans le synaxaire éthiopien, on fait la mémoire de 5. Agathon stylite. Nous donnons ici la preinière partie de la notice du synaxaire éthiopien.
p. 322 ; Dopwezz, Travels, t. I, p.389; ΡΟΜΑΠΡΙ, Viaggio, t. 1, p. 150. Je dois ces indications à l’obligeance du regretté F. W. Hasluck.
1 Lady CRAVEN, Journey to Constantinople (London, 1789), p.259. - 2 Rapports sur un voyagé archéologique dans la Géorgie et dans l'Arménie (Saint-Pétersbourg, 1849), septième rapport, p. 16-17.
8 M. LANCELOT, De Paris à Bucharest, dans Le Tour du monde,
CXXX VI LES SAINTS STYLITES το
«XIV Maskaram. Hoc die requievit sanctus pater Abba Agathon stylites. Hic sanctus fuit ex oppido Tanis in regione septemtrionali Aegypti. Fuere parentes eius homines pi reverentes Dei, et proclives in eleemosynam misericordiamque erga pauperes et indigos. Erat sollicitudo animi eius conversa versus afflictos, meditabaturque omni tempore corde suo. Nomen patris eius Matra, matris Maria. XXXV annos natus ordinatus est presbyter, ecclesiaeque haerebat perpetuo. Dominum noctu dieque precabatur ut facilem sibi redderet exitum ex hoc mundo, iretque in desertum monachaturus. Quod cum permisisset Dominus Christus, ex urbe egressus petiit oppidum Maryât, atque inde desertum Asquetes. Ibi apparuit ei angelus Domini habitu monachi, qui comitem se adiunxit in deserto, donec pervenit ad montem sanctum abbae Macharii de Asquetes. Accessit S. pater Agathon ad sanctos senes abba Abraham et abba Gabargi quibus ministrum agens manebat III annos. Tum eum constituere ante ecclesiam atque ante cellam abbae Iohannis, manebantque IIT annos orantes super vestitu monastico. Tum induere -eum habitum angelorum, ex qua hora se adiunxit Deo, luctabaturque luctam ingentem ieiunio atque oratione continua die ac nocte. Humi iacebat sine stragulo eo usque ut cutis eius ossibus haereret. Referebat crebro luctam S. Simeonis stylitae, eiusque luctam aemulatus, voluit se ipsum vincire. De hac re quum deliberasset cum patribus sanctis, qui bonum esse consilium dicerent, benedictus ab iis, oratoque super illo, egressus e deserto rettulit se in mundum apud oppidum Saka. Ibi consedit in parva ecclesia,ubi posuerunt ei fideles columnam. Conscendit columnam, mansitque ibi continua lucta-
. tione L annos 1. » :
Le synaxaire éthiopien au 30 khedar (26 novembre) annonce
un autre Stylite, Ananias 3. Cet Ananias n’est autre qu'Alyο pius, honoré précisément à cette date, nous l’avons vu.
1 M. Margoliouth avait bien voulu nous envoyer, il y a quelques années, la traduction de cette notice. Nous n'avons pu l'utiliser immédiatement. En l’insérant aujourd’hui dans notre travail, nous prions le savant professeur d’agréer nos meilleurs remerciements-
? H. ΖοτΕνΝΡΕΚα, Catalogue des manuscrits éthiopiens de la bibliothèque Nationale, p. 165; DiLLMANN, Catalogus codd. manus. criplorum bibl. Bodleianae Oxoniensis, pars VII, p. 46, s: