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LES STYLITES À TRAVERS LES AGES CXXXIX

Ce fut près d’une chapelle des Archanges taillée dans le roc, à laquelle on donna le nom de Ζτῦλος. De là l’épithète accolée au nom de Grégoire.

La longue liste qui vient de passer sous nos yeux suffirait abondamment à établir que les imitateurs du grand Syméon furent nombreux et que l'attrait de son exemple s’exerça longtemps à travers les siècles. Nous pourrions, à la rigueur, nous dispenser d’invoquer d’autres faits prouvant qu’en dehors des stylites individuellement désignés par les historiens, il y en eut une foule d’autres ; la manière dont ils en parlent suppose nécessairement une catégorie nombreuse et partout répandue. Ἡ ne sera pourtant pas superflu de parcourir une série de textes qui ne se rapportent à aucun personnage déterminé, mais qui montrent les stylites formant légion, con-

stituant une classe à part qui a sa place marquée dans l’ordre

monastique, et jouissant même de privilèges sanctionnés par la loi civile. |

Déjà Jean d'Asie, racontant une persécution dont ses coreligionnaires furent victimes en 520-521, s’indigne contre les hérétiques qui chassaient les moines, poursuivaient les solitaires, et faisaient descendre les stylites de leurs colonnes Le

Une rédaction des Actes syriaques de 5. Éphrem (f 378) fait passer sous nos yeux le cortège funéraire du saint, où l’on remarque les anachorètes, les stylites, les cénobites ?. Ilest à peine besoin de faire remarquer que ce détail n’est pas emprunté aux sources contemporaines. Ce n’est qu'un développement de l’hagiographe, qui vivait à une époque où les stylites étaient assez nombreux pour former une catégorie distincte δ.

Parmi les mesures vexatoires d’Abdelas contre les chrétiens,

1VAN DouwEn-LAND, Ioannis ep. Ephesi comm. de beatis Orien-

talibus, p. 218.

2 BHO. 270, ASSEMANI, Ρ. LXII.

8 L'artiste qui a représenté la scène des funérailles de S. Éphrem, reproduite dans BOTTARI, Sculturee pitture, t. III, s’est évidemment

‘inspiré des Actes que nous venons de citer ou d’un texte dérivé.

Ce n’est nullement, comme l’a pensé ΜΑΒΤΙαΝΥ, Dictionnaire, p.745, S. Syméon avec son disciple Antoine qu’il α voulu désigner par le stylite recevant d’un autre solitaire sa nourriture au bout d’une corde,

Théophane cite l'extension de l'impôt à tous les moines, reclus et stylites 1. À

On rattache à l’épiscopat d’Arcadius (f entre 626 et 642), archevêque de Constantia en Chypre, une histoire qui a sa place ici. Un homme très charitable meurt dans le péché. Le cas est discuté. Cet homme sera-t-il sauvé ou non? Arguments pour et contre. L’archevêque ordonne des jeûnes et des prières aux moines, aux stylites et aux reclus pour que Dieu veuille révéler l’état de l’âme du défunt 2. |

Lorsqu'il fut question de donner un successeur au patriarche Taraise, Théodore Studite conseilla à l’empereur Nicéphore de s’entourer d’un conseil d'hommes prudents choisis parmi les évêques, les higoumènes, les stylites et les reclus. Qu'ils descendent de leurs colonnes, s’écrie-t-il, qu’ils sortent de leurs cellules, puisqu'il s’agit du bien général 8.

Parmi les constitutions qui portent le nom de S. Nicéphore (f 815), il en est deux qui s'occupent des stylites. La première désigne toute une catégorie de ces solitaires qu’il est défendu aux femmes d'approcher, sous peine de cinq années de pénitence. La seconde rappelle les dispositions de canons plus anciens permettant au stylite de descendre, en cas d’incursion des barbares, pour mettre sa vie en sûreté ; le danger passé, il est obligé de retourner à sa colonne “.

Il nous est parvenu plusieurs textes de l’histoire de Théodora convoquant dans la grande église tout le peuple orthodoxe et ordonnant des prières pour l’âme de l’empereur Théophile 5,

1 Ad an. 6249, ΡΕ Boon, t. I, p. 430.

2 Κηρύττει νηστείαν καὶ λιτὴν ὃ ἀρχιεπίσκοπος δηλώσας καὶ εἰς τὰ µοναστήρια καὶ πρὸς τοὺς στυλίτας καὶ ἐγκλείστους δεηθῆναι τῷ Θεῷ τοῦ γνωρίσαι δι’ ἀποκαλύψεώς τινος ἐν ποίοις τὰ κατὰ τὸν τελευτήσαντα ὑπάρχουσιν. Manuscrit de la bibliothèque Nationale de Paris, Coislin 257, fol. 83. Aussi dans le ms. Coislin 283, fol. 57, et dans le ms. fonds grec 1596, p. »659. :

$ Epist., lib. I, 16, P. G., t. XCIX, p. 960.

4 PrrRA, luris ecclesiastici graecorum historia et monumenta, t. II (1868), p. 338, n. 103: Εἴ τις στυλίτης κοιµηθῇ εἲς τὸν στῦλον αὑτοῦ, οὐχ ἁρμόδει ἐκεῖ ἐμβῆναι γυναῖκα' εἰ δὲ ἐμβῇ, ἐπιτιμάσθω ἔτη ε. Ν. 105: Εὰν δὲ γένηται ἐπιδρομὴ ἐθνῶν, ὠρέσθη παρὰ τῶν κανόνων ὅτι ἐξέρχεται ὃ στυλέτης ἀπὸ τοῦ στύλου καὶ νὰ σωτηριάζηται καὶ πάλιν νὰ εἰσέρχηται sis τὸν στῦλον αὐτοῦ.

δΟΜΕΕΕΙΣ, Bibliothecae patrum nov. auct., t. II, p. 733 : REGEL, Analecta Byzantino-Russica (Saint-Pétersbourg, 1891), p. 31.

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