‹ Les saints stylitesChapitre 72 sur 161 · ον ρρηη ‘13 POP: TOR Lana · texte numérisé non relu

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cipales de l’histoire d’une institution unique en son genre,qui a duré presque jusqu’à nos jours.

Les stylites se rattachent par une chaîne continue à SYméon, leur père et leur modèle. Daniel, le premier après lui dont l'existence soit bien constatée, est son disciple ; et tandis qu’il transplante aux rives du Bosphore la nouvelle forme de vie érémitique qui l'avait séduit, celle-ci prend de profondes racines dans le pays qui l’avait vue naître. C’est en Syrie, en Palestine, en Mésopotamie, en un mot, chez les peuples de race sémitique, qu’elle semble avoir été le plus largement organisée. Elle se répandit également dans tout le pays grec. Nous en avons signalé les traces dans les principales contrées de l’Asie Mineure d’abord, en Cilicie, en Paphlagonie, en Carie, en Bithynie, ensuite en Géorgie, en Thrace, en Macédoine, en Grèce. L'Égypte, qui commença par protester contre l'entreprise de saint Syméon, finit pas avoir aussi ses stylites. |

Nous n’avons rien dit de l'Occident. L’histoire n’y signale qu’une seule tentative d'imitation 1, et c'est la Gaule qui en fut le théâtre. Grégoire de Tours, passant en 585 par Yvoi, aujourd’hui Carignan, dans le département des Ardennes, y fit la connaissance du diacre Wulflaïcus, Lombard d’origine, qui y avait bâti une église sur la montagne où se dressait auparavant la statue de Diane. Le bon évêque lui demanda son histoire. Wulflaïcus raconta entre autres choses que, peu de temps après son arrivée, il s'était fait élever une colonne et qu’il avait beaucoup souffert en s’y tenant debout pieds nus. «Quand venait l'hiver, dit-il, j'étais tellement brûlé par le souffle glacial de la bise, que les ongles me tombaient des pieds, et des chandelles de glace pendaient à ma barbe.» La nouveauté du spectacle fit accourir la foule, à laquelle le stylite prêcha avec ardeur la vanité des idoles. Il réussit si bien, que la statue de Diane fut renversée et mise en pièces, et que le peuple se convertit. Un jour des évêques vinrent à

1]1 n’y a jamais eu de stylites à Rome. Cela n’empêche pas Jäqôt, qui, parlant des monastères de Rome, n’hésite pas devant le chiffre de 10.000, de compter dans les environs de la ville environ trente mille colonnes pour moines, c’est-à-dire pour stylites. I1 ne dit pas si elles sont habitées. I. Guipr, Roma nei geografi arabi, dans Archivio della Società Romana di Storia patria, t. 1, p. 183.

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