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LES STYLITES Α TRAVERS LES AGES CXLIII

passer là, et au lieu de m’encourager, ajoute le stylite, ils me dirent: « Vous ne marchez pas dans la bonne voie ; qui êtesvous pour vous comparer à Syméon d'Antioche? D'ailleurs le climat ne vous permet pas d’affronter un pareil tourment ; descendez, et habitez plutôt avec les frères que vous avez groupés autour de vous.» Il se fit scrupule de ne pas obéir et descendit. Quelques jours après, un des évêques l’emmena à quelque distance, pendant qu’il envoyait des ouvriers armés de leviers et de marteaux pour renverser la colonne. Le lendemain, Wulflaïcus n’en trouva plus que les débris. Il pleura toutes ses larmes, mais il se garda bien de relever la colonne pour ne pas désobéir aux évêques ; et depuis ce jour il habita en communauté 1.

On ne peut s'empêcher de savoir gré à ces évêques d’avoir parlé si bien à propos le langage du bon sens, et d’avoir étouffé dans son germe un mouvement qui aurait pu gagner la Gaule et l’Europe entière, au détriment de l'esprit religieux plus modeste, plus calme et plus agissant qui se développa en Occident. Il serait difficile de porter un jugement plus modéré et plus juste sur la profession de stylite que les deux mots qu'ils adressent à Wulflaïcus : «La voie extraordinaire de Syméon n’est faite que pour des âmes de sa trempe ; et si elle peut convenir à l'Orient, elle est incompatible avec le climat et les mœurs de l’Occident ?. »

1 Hist. Francorum, 1. VIII, 15, M. G., Scr.rer. mer. t. 1, p. 334-385. Sur le culte de S. Wulflaïcus à Yvoi, voir Morin dans Anal. Bolland., t. XVII, p. 307-313; t. XXI, p. 43-44.

3 On a parlé récemment dun stylite russe, S. Séraphin d’Ostrov, mort en 1833. On raconte de lui qu’il se tint à genoux, durant mil‘ le jours, sur une pierre, les bras levés au ciel, répétant sans cesse, « O Dieu, sois-moi favorable, à moi pécheur.» Il manque à ce Ρό, nitent, pour être un stylite, d’être monté sur une colonne, ex voir pratiqué la «station.» Voir sur ce personnage l’article de P. Is{/UcskI,

Un saint russe, dans Les Lettres, 1 octobre, 1921.

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