ΤΑ VIE DU STYLITE CLXI
tard son plus zélé partisan 1. C’est sur le domaine paternel que S. Luc commença sa carrière de stylite 2. La colonne qu'il occupa ἐν τοῖς Εὐτροπίου, s'élevait au bord de la mer. La miniature du ménologe de Basile,au 11 décembre, est particulièrement intéressante ; elle est d’une époque où l’on pouvait encore se rendre compte de l'emplacement exact de la colonne. On la voit de toutes parts entourée par les flots, et un pont relie la base à la terre ferme. Souvent la colonne est placée dans l'enceinte d'un monastère. Celle du stylite Jean, par exemple, le maître de S. Syméon du Mont Admirable, s’élevait dans la cour d’un petit couvent de la montagne #. Plusieurs des colonnes mentionnées par Barhebraeus semblent avoir été des dépendances de divers monastères. Il y a une colonne du monastère de Kurzahel 4, une autre de Beth-Bottin 5. On cite aussi la colonne du couvent de Saint-Hagon 8. La discipline orientale permettait à ceux qui se sentaient de l'attrait pour la solitude de se retirer, avec l’assentiment du supérieur et après les épreuves convenables, dans un ermitage, une caverne, et aussi, sans doute, sur une colonne lorsqu'il s’en trouvait dans les environs. Dans le Haurân se rencontre plusieurs fois le nom de «Couvent de la Colonne». Ainsi à Beth Τ]πιᾶ, à Kefr Nâsig ?. Il y en avait un aussi hors les murs de Mardin 8, une autre près de Callinice-Raqqa °. Nous sommes renseignés, pour ce dernier, sur l’origine de l'appellation. « La colonne à laquelle il doit son nom était située dans l’église et avait été bâtie, ainsi que l’église elle-même, par l'impératrice Théodora, sans doute pour quelque stylite monophysite 19
Il serait peut-être téméraire de donner partout et toujours !!
1 Vita S. Danielis, c. 27.
2 Vita S. Lucae, c. 10.
3 Vila S. Symeonis iun., ο. 11.
4 BARHEBRAE Chron. eccles., ABBELOOS-LAMY, t. I, pp. 396, 400. Sbide te ια Ῥ 496, 8 Voir NôLDEKE, dans Zeitschrift der Morgenländische Gesellschaft, t. XXIX (1875), p. 439.
7 ΝδΙΡΕΚΕ, t.c., pp. 428, 429.
8 Anal. Boliand., t. XXVII, p. 182.
9 MicHEL LE SYRIEN, Chron., CHABOT, Ρ. 414. Cf. Anal. Bolland., XXL ος 420.
19 Anal, Bolland., 1. ο.
il Sjonalons en passant, parmi les églises dittih en Hgvpte, «4
SLNILTÉES. --- κ
CLXIT LES SAINTS STYLIPES
la même explication du vocable τοῦ Στύλου, que nous retrouvons ailleurs, notamment au mont Latros!. Le choix des noms par le peuple est sujet à d’étranges caprices, et il est souvent déterminé par des raisons en apparence futiles. Il n’est pas certain du tout que la colonne à laquelle les monastères cités empruntent leur nom soit une colonne de stylite.
Ce n’est pas le cas, par exemple, du Z7540ç qui a valu au maître de S. Athanase des Météores le surnom de 6 στυλίτης ?. Nous devons nous y arrêter un instant. Un érudit voyageur qui a visité les couvents célèbres qui se rattachent à la chaîne du Pinde, les décrit mieux que nous ne saurions le faire : « Il y a, dans cet angle écarté de la Thessalie, un site étrange et magnifique, qui peut passer, à juste titre, pour l’une des merveilles de l'Orient. C’est comme une forêt de roches gigantesques, dressées en aiguilles, en lames tranchantes, en pilastres énormes ou en prodigieux menhirs, quelques-unes menaçantes comme des tours penchées ou comme des édifices ruinés par la base. Les monastères, avec leurs étages surplombants, leurs toits en parasol, leurs galeries de bois échafaudées dans l’espace, couronnent, çà et là les cimes étroites, qu’ils débordent de toutes parts. En les voyant ainsi planer dans les airs, on serait tenté de croire, avec la légende, que Dieu a bâti tout exprès pour les moines ces colonnes naturelles, sans doute pour propager l’une des formes les plus singulières de l’ascétisme oriental, et permettre au monde de voir des communautés de stylites 5. »
De communautés de stylites il ne saurait guère être question. Le stylite est essentiellement un anachorète : les moines des Météores sont des cénobites 4 Mais la communauté dans son
church of the martyr Saint Menas, called the Church of the Column, over which is a sheet of metal, and to which many votive offerings are brought.» ΕΝΕΤΤ5, The Churches and Monasteries of Egypt attributed to Abû Sâlih, Anecdota Oxoniensia, Sem. ser., t. VII, p. 165-66.
1 Anal. Bolland., t. XI, p. 16-17.
2 Plus haut, p. cxxxXVIII.
3 HeuzEy, Les couvents des Météores en Thessalie, dans Revue archéologique, 1864, t. I, p. 153.
“Sur les Météores, voir Sp. P. LAMPROS, Συμβολαὶ εἰς τὴν ἱστορίαν τῶν Μετεώρων, dans Νέος "Ελληνομνήμων, t. II (1905), p. 48-156 : Ν. BEIS, Συμβολὴ εἰς τὴν ἱστορίαν τῶν μονῶν τῶν ἠΜετεώρω», dans Βυξαντίς t. I (1909), p. 191-332. Dans un article Les Météores, Tour du