LES STYLITES ET L'INSTITUTION MONASTIQUE CLXXXIX
pression 1. L'on sent que le fait d’être exposé constamment aux regards de la foule était ressenti par quelques-uns comme une partie notable de la pénitence, et nous voyons par plus d’un exemple quel surcroît de souffrance pouvait résulter, pour un solitaire qui s’était refusé tout abri, de la présence continuelle des curieux. C’est là un côté des choses qui fera mieux apprécier les conditions du genre de vie embrassé par le stylite.
C’est d’ailleurs un des caractères du monachisme syrien de ne reculer devant aucune bizarrerie. Celle de Syméon Stylite n'était nullement isolée, et ses compatriotes, habitués à d’autres extravagances, étaient sans doute moins frappés que nous de son caractère insolite. L'invention de Thalélée vaut la peine d’être rappelée ?. Il fabrique deux roues d’un diamètre de deux coudées, et les rejoint par des planches d’une coudée, espacées, de façon à former un tambour ajouré. Le tambour est suspendu à une construction composée de trois mâts plantés en terre et rattachés par des tiges. C’est dans cette cage, beaucoup trop étroite pour sa haute taille, que s’enferme Thalélée ; ilest obligé de se replier et d’appuyer la tête sur les genoux. Quand Théodoret racontait son histoire, Thalélée avait passé . dix ans dans ce supplice et ne croyait pas avoir assez fait pour l’expiation de ses péchés. L’habitation choisie par Pierre le’ Galate 3 est moins étrange, mais elle est intéressante par ses analogies avec celle de Syméon. Il fixa sa demeure aux environs d’Antioche, dans un tombeau. Ce monument avait à sa partie supérieure une sorte de balcon, contre lequel on appuyait une échelle quand on voulait communiquer avec le
reclus.
Le monachisme syrien se recrute dans les milieux les De divers, et si quelques-uns de ses plus célèbres représentants appartiennent à l’ordre sénatorial, comme Publius*, à une Mais son illlustre,comme Aphraat, Marcianus, Théodose d Antioche 5, ou du moins à une famille riche, comme Zénon ‘,beaucoup d’au-
1 Hist. reltg., ο. ΧΧΙ, p. 1236-37.
2 Ibid., ο. ΧΧνΙΠ, p. 1287.
8 [bid., ο. 1x. p. 1187.
#4 Ibid., ο. v, p. 1161.
-8 Ibid.,.ec. 11, vint, X, pp. 1136, 1175, 1196. 9 Jbid., ο. «ΧΙΙ, p. 1202.
tres sont des gens de la campagne. Maysimas était ἐν ἆγροιίᾳ τεθραμμµένος 1: Syméon, on s’en souvient, était berger et complètement illettré. Quelques-uns s'étaient consacrés à Dieu dans un âge si tendre, qu'aucune éducation sérieuse n'avait pu leur être donnée. Limnaeus était κομιδῆ νέος ?. Pierre le Galate, qui atteignit l’âge de 99 ans, quitta ses parents pour la solitude quand il avait 7 ans δ. L’abbé Héliodore le dépassa encore en précocité. Quand il dit adieu au monde, il avait trois ans, et devenu vieux il pouvait avouer n’avoir jamais vu ni un coq ni un porc ni rien de semblable 4. On devine les trésors de simplicité et de naïveté qu’apportaient dans le milieu monastique des recrues de cette espèce et les excès auxquels une ferveur peu réglée devait fatalement les conduire. La vie extraordinaire de Syméon Stylite s’explique par là. D'une générosité sans bornes dans le service de Dieu, et ne voyant en toutes choses que les solutions radicales et simples, il exécute sans hésiter ce que la perfection de l’état monastique semble exiger de lui. Il veut s’imposer de ne pas dépasser un certain rayon : une chaîne de cette longueur le mettra dans l'impossibilité de manquer à son propos. Il s’agit, sans changer de place, de se mettre hors de la portée de visiteurs indiscrets : il monte sur le piedestal qui deviendra bientôt la colonne. La personne, le milieu et les circonstances donnent la clef de ce qui à première vue paraîtrait inexplicable.
Mais cela ne nous fait pas comprendre que Syméon ait eu un si grand nombre d’imitateurs. Salamanes et Thalélée, qui sont comme lui, la fleur du monachisme oriental, et ont été l'objet d’une admiration sans mesure, n'ont pas fait école. Ce sont en général les formes simples de l’austérité qui se sont perpétuées. Seule, parmi les inventions bizarres de la pénitence, celle de Syméon Stylite est devenue une institution. Pourquoi ? La raison n’en doit pas être cherchée ailleurs, croyons-nous, que dans l’ascendant extraordinaire du premier stylite. On ne peut lire la Vie de Syméon sans être frappé de l’harmonieuse beauté de cette figure unique dans l’histoire du monachisme, de cette âme candide et énergique que le détachement absolu
1 Ibid., ο. xiv, p 1216.
*Ibid., ο. ΧχΙΙ, p. 1254.
δ Ibid., ο.1Σ, p. 1186. :
“Ibid., ο. xxvi, p. 1267.
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élève si haut et qui s’abaisse avec tant d'indulgence vers ceux qui se sentent accablés sous le poids de leurs miséres et de leurs péchés. Lorsqu'on le voit abîmé dans la contemplation des choses de Dieu, il semble qu'il ne soit plus de ce monde. Descendu de ces hauteurs, ilse donne tout entier au peuple qui se presse au pied de la colonne ; avec une bonne grâce parfaite, il se prête à tout ce qu’on demande de lui, sans jamais faire sentir à autrui la sévérité dont il use envers lui-même. A distance,on peut trouver à redire au genre de vie qu’il a embrassé ; il arrive sans doute qu'on le tourne en dérision. Mais ni la critique ni le sourire ne résistent à la séduction de sa personne, et parmi les nombreux pèlerins qui défilent à ses pieds, il n’en est point qui retournent chez eux sans exprimer leur admiration ou leur reconnaissance. Pareil exemple devait provoquer l’imitation. Lorsque, dans la capitale de l'empire romain, Daniel à son tour monta sur la colonne, on songeait moins à l'étrangeté du spectacle qu’au modèle surhumain dont il promettait de reproduire les traits. Syméon avait trouvé un successseur digne de lui. Le stylitisme était fondé.
On a souvent qualifié Syméon Stylite de fakir chrétien, et l’on ne peut, en lisant les vies des moines d'Orient, des Syriens surtout, s'empêcher d'établir un parallèle entre leurs pratiques ascétiques et celles des pénitent, indiens (täpasa, fakirs, sädhus, adeptes du yoga en général). Les bras levés au ciel qui se dessèchent ou s’ankylosent, les jambes gonflées et couvertes de plaies par l'effet de la station prolongée, l’échine courbée sous le poids de lourdes chaînes, la tête nue exposée à un soleil brûlant, la recherche des positions crucifiantes, un régime alimentaire d’une extrême sévérité, tous ces tourments que s’infligént certains ascètes de l’Inde semblent nous transporter dans un monde analogue à celui des solitaires de Syrie 1,
Les ressemblances extérieures sont incontestables, et personne ne songe à les nier. Il ne faudrait pourtant pas pousser à l'extrême cette assimilation ni en exagérer la portée. Si
1 Sur les ascètes et pénitents indiens on peut lire J. C. OMAN, The Mystics, Ascetics and Saints of India, London, 1905; R, SCHMIDT, Fakire und Fakirtum, Berlin, 1908,
Éxcii LES SAINTS STYLITES
les exercices les plus rudes de nos solitaires ont presque tous leurs pendants dans l'Inde, il s’en faut que les grandes prouesses du système hindou se retrouvent dans les déserts de Syrie,et certaines formes isolées et exceptionnelles chez les ascètes chrétiens sont communes chez les pénitents indiens. Comparées aux leurs, les pratiques de nos solitaires sont relativement simples, et peuvent paraître jeux d’enfants. Chez ceux-là, elles sont ordinairement le résultat d’un entraînement méthodique qui n’est pas sans analogie avec celui des bateleurs. Dans l’Inde, la pénitence proprement dite n’est qu’une partie, et une partie non essentielle de la discipline théosophique, mi-mécanique, mi-contemplative qu’on appelle yoga 1. Or, rien chez nos ascètes ne ressemble à l’apprentissage du yoga et à l’observance des prescriptions minutieuses dont les théoriciens enregistrent le détail: ni les attitudes, nile contrôle de la respiration, ni les procédés matériels pour fixer la pensée, et obtenir la concentration des facultés ne sont en usage chez les chrétiens de cette époque. Il n’y a point de transmission d’une doctrine ésotérique ou d’un système traditionnel. Pour s’isoler, se recueillir, assujétir leurs sens à l’empire de leur volonté, ils ont recours aux moyens élémentaires qui sont à la portée de tous, et c’est tout au plus si telle forme, qui semble mieux adaptée à la fin que l’on poursuit, ος peu à peu la consécration de l’usage.
Le yoga prétend procurer à ses adeptes des pouvoirs quisurpassent ceux des autres hommes et les yogins prétendent posséder certaines méthodes curatives, dont on peut connaître, par les traités, la nature et les applications. On y verra que ces facultés n’ont rien de commun avec celles que les hagiographes attribuent aux solitaires, et notamment aux stylites. Les manifestations de l’esprit prophétique, les guérisons, les . mille manières de venir efficacement en aide aux malheureux dont les biographies de nos solitaires sont remplies n’ont pas le caractère d’une thaumaturgie suspecte, ét dans ces existences extraordinaires le merveilleux apparaît de la même qualité
1 Surcette discipline, voir par exemple R. GARBE, dans BÜHLER, Grundriss der Indo-Arischen Philologie und Altertumskunde, t. III, . 4,p. 33-51 ; et dans Ἡαστινας, Ve of Religion and Ethics, t. XII, p. 821-353.
j 7 La λα ; = LES STYLITES ET L'INSTITUTION MONASTIQUE CxCiii
que dans les Vies des saints qui n’ont pas fait de la mortification corporelle l’objet principal de leurs efforts. Rien en un mot ne permet de dire que ces émules inconscients des
yogins aient sur cé point ni sur d’autres subi leur influence.
Ἡ y aurait à comparer également l'esprit de l’ascétisme hindou avec celui des pénitents chrétiens. Mais combien il. est malaisé de pénétrer dans un monde si fermé et si éloigné du nôtre. Il serait trop facile et sans doute injuste d’attribuer à l’égoïsme, à l’intérêt ou à l’orgueil, tout exercice de renoncement et de mortification qui se pratique en dehors de la religion chrétienne, et de croire que tout y est au niveau de ces bandes de mendiants insolents et pervers, que les voyageurs s’accordent à regarder comme un des fléaux du continent Indien. Dieu, qui sonde les reins et les cœurs, ne reste pas insensible aux aspirations d’une âme droite, et ce n’est pas à nous de tenir la balance du souverain juge. Il n’en est pas moins vrai qu’une large barrière morale sépare le pénitent hindou du pénitent chrétien. Les âmes les plus religieuses. dans le brahmanisme ne se proposent que leur propre affranchissement ; elles ne se préoccupent guère de déverser sur autrui les avantages qui résultent de leurs pénibles exercices. L’adepte du yoga vit pour MHEARÈME et le peuple qui l’entoure ne semble songer qu'à repaître une vaine curiosité sans profit pour sa conduite morale.
Pour le chrétien le sacrifice et la souffrance ont une vertu rédemptrice. Il expie ses propres péchés ; il rachète-aussi ceux des autres. S'il aime Dieu, d’un amour non moins sincéf£’i aime son semblable, et il est toujours prêt à se dévoueï peur lui. Le solitaire qui se soustrait le plus complètemert au commerce du prochain lui fait encore du bien par la priére et la souffrance librement acceptée. Mais ils sont bien rares ceux qui ne trouvent jamais le moyen d'exercer sur autrui une influence directe. Qui mieux que le stylite réalise les conditions d’une vie entièrement concentrée sur sa propre âme? Cependant l'attraction qu’exercent ces solitaires est irrésistible. Tout le monde vient à eux, et ils ne repoussent ni le pécheur qui demande à être réconcilié avec Dieu, nile malheureux
qui attend d'eux un soulagement à ses maux, ni l’homme
ExCIV LES SAINFS STYLITES accablé du poids des affaires, qui vient chercher lumière et encouragement.
Leur influence personnelle est incontestable ; du haut de leur colonne ils exercent un véritable apostolat, et Syméon, qui a contribué à l’évangélisation des Arabes, n’est pas une * exception. Certes la foule est attirée par le spectacle étrange que le stylite offre à sa vue. Mais elle ne subit pas moins la séduction que la charité unie au plus absolu renoncement exerce sur les âmes. Et c’est là le secret de la confiance qu'inspirent ces hommes, et dont leurs biographies rendent témoignage.
Si au lieu de nous arrêter à la forme extérieure de leur ascétisme, dontles contemporains étaient parfois choqués comme nous-mêmes, nous remontons à la pensée qui l’inspirait, nous serons obligés d’avouer que ces stylites, dont les biographes nous font si bien connaître, à travers certaines exagérations inévitables, les vertus et le caractère, ne sont, en général,
ni des faibles d’esprit, ni des orgueilleux, ni des fanatiques.
Impitoyables envers eux-mêmes, ils ne le sont que pour eux seuls. Leur spiritualité est saine d'ordinaire, et leurs conseils sont empreints de modération. Ils ne refusent pas de s’intéresser aux choses de ce monde lorsqu'elles ont quelque rapport avec le salut, et l’on voit des hommes comme Syméon et Daniel jouer un rôle dans l'Église, intervenir, lorsqu'on les en prie, dans les grandes querèlles et se mettre d’instinct du bon côté. ας
On ne niera pas qu'ils aient donné aux hommes de leurs . temps et de leur race un exemple aussi admirable qu'opportun, et conquis le droit de leur prêcher la patience dans 165 tribulations, le détachement des biens de la terre et la constance dans la pratique du bien. On a dit des stylites qu'ils constituaient une « déviation » du monachisme. Pourquoi déviation ?
11 serait plus équitable de les considérer comme une branche
du rameau oriental de l'institution monacale. Elle a fleuri dans des conditions qui n’existent plus et, nous l’ajouterons franchement, dans des conditions dont le retour n’est pas de tout point souhaitable.
L'Église d'Occident, qui ne s'y est pas montrée favorable, s'inspirait d’une vue en somme plus élevée de la vie monasti-
ο . ι : ΄ P αν MES , n À |
LES STYLITES ET L'INSTITUTION MONASTIQUE CXCV que. Le but suprême de la vie spirituelle n’est pas de persécuter son corps, et il ne faut pas oublier que l’orgueil, l’obstination et de graves défauts ne sont pas incompatibles avec l’excés dans l’austérité. N'y a-t-il pas eu des stylites monophysites, et oserait-on assurer que tous ceux qui ont emprunté à Syméon Stylite les dehors de sa vie ascétique aient été animés de son esprit? On peut rendre hommage aux bonnes
intentions de ces hommes qui ont tenté de réaliser en eux
quelque chose de cette existence surhumaine. Mais combien il faut regretter qu'ils aient tenu à en reproduire avant tout le trait le moins essentiel,et que leur instinct religieux ne leur ait pas fait écarter ce qui prêtait précisément à la critique. Les héros sont des êtres d'exception. Ce qui leur est permis ne l'est pas au vulgaire. Il faut les admirer et s'inspirer de leurs exemples ; on ne les imite point.
SANCTI DANIELIS STYLITAE Vita antiquior.
Βίος! καὶ molreia? τοῦ ὁσίου πατρὸς ἡμῶν Δανιὴλ τοῦ στυλίτου 5,
1. Πρό γε πάντων ! δίκαιον " ἡμᾶς δοξάζειν τὸν δι’ ἡμᾶς ἔναν- Proocmium, δμικῶς» ὑπομείναντα Ἰησοῦν Χριστὸν τὸν Θεὸν ἡμῶν Ἰ, δι ὃν καὶ προφῆται .ἀπεκτάνθησαν ὃ καὶ δίκαιοι" διὰ τὴν εἰς αὐτὸν πίστιν ἑαυτοὺς * ἐσταύρωσαν !9 καὶ τῇ αὐτοῦ χάριτι τὴν ὑπομονὴν ! τιῶν θλίψεων ἕως τέλους ἀνεμπόδιστον κτησάµενοι ἐστεφανώθησαν : Üπόδειγµα γὰρ αὐτοὺς ὁ δεσπότης ἡμῶν Χριστὸς !? καὶ σωτὴρ παρποέσχεν ἵνα γνῶμεν ὅτι δυνατὸν ἀνθρώπῳ διὰ τῆς ὑπομονῆς τῶν θλίψεων ἀρέσαι Θεῷ καὶ πιστὸν δοῦλον αὐτοῦ κληθῆναι, Εὔλογον οὖν καὶ τοῦτὸ ἡγησάμην ἄρξασθαι τῶν πόνων τῆς ἐξηγήσεως τοῦ ὁσίου Δανιὴλ καὶ δέδοικα : ἡ γὰρ πολιτεία τοῦ ἀνδρὸς λαμπρὰ καὶ µεγάλη καὶ θαυμαστή, ἐγὼ δὲ ἄφρων καὶ ἰδιώτης ' δέ- 15 δοικα δὲ μὴ τὴν ἁρμόζουσάν µοι παρὰ τοῦ σωτῆρος διὰ τοῦ προ-
φήτου Aavid ῥῆσιν!'Σ ἀκούσω τὴν λέγουσαν * Τῷ δὲ ἁμαρτωλῷ Psalin.49, 10. εἶπεν ὁ Θεός * Ἵνα τί σὺ ἐκδιηγῆ τὰ δικαιώματά µου καὶ ἀναλαμβάνεις τὴν διαθήκην µου διὰ στόµατός σου; ἀλλ οὐ διακρίνοµαι ἃς διὰ τῶν ἐμῶν πατέρων ἐξηγήσεις ἐδεξάμην περὶ τοῦ ὁσίου
20 Lemma. — ! μηνὶ τῶ αὐτῶ ια’ praemittunt L, Ῥ, μηνὶ δεκεμβρίω ια’ Ο. — 2 {κ. π.) om. Ο, P. — 5 κύριε εὐλόγησον add. L. 1. —1 ἀγαπητοὶ add. P,V. — ? ἐστιν add. Ῥ, V. — 5 Θεὸν καὶ κύριον ἡμῶν Inooûv Χριστὸν add. P,V. — # οἰκονομικῶς add. P, V. — 5 πάντα P,V. — 6 om. P, V. — 7 (noodv — ἡμῶν) om. P, V. — 8 κηρύσσοντες ἀνηροῦντο καὶ uüp- 25 τυρες ὁμολογήσαντες ἐθανατώθησαν P, V. — ? ἄνδρες add. P, V. --- 10 σταυρώσαντες P, V. — 11 τῇ ὑπομονῆ L. — 12 om. Ο. — 15 ῥήμασιν Ο.