CHAPITRE PREMIER Première source de documents
La lecture des Epitaphes.
Le culte des saints étant d'origine païenne, il est assez logique de nous demander si, dans cette assimilation du paganisme par la nouvelle religion, ou, si l'on veut, dans cette transfiguration du culte des ancêtres, quelque dieu ou quelque héros pré-chrétien n'auroit pas usurpé le titre de saint et du même coup l'auréole qui a remplacé les gloires éteintes des vieux panthéons.
A ceux qui ne soupçonnent point quelle fui la mentalité des hagiographes, cette question sonnera comme une interrogation sacrilège.
Afin d'atténuer une telle prévention, si toutefois elle existait chez quelques lecteurs, il est nécessaire de montrer comment certains prêtres et comment certains moines comprirent les droits de l'histoire et de la vérité lorsqu'il s'agissait d'écrire la vie d'un saint.
Essayons d'abord d'exposer la façan dont ils interprétèrent les documents qui leur étaient parvenus, ou qu'ils considéraient comme des documents hagiographiques. Il y avait tout d'abord la tradition populaire et Dieu sait qu'elle n'était point négligée ; mais les historiens plus sévères tenaient à honneur de s'appuyer sur des attestations plus certaines.
gS LES SAINTS SUCCESSEURS DES DIEUX
Lo culle lies saints étant avant lont un culte funéraire, un arancl nombre île légendes ne sont que rinterprétation heureuse ou malheureuse des épitaphes ou des inscriptions tumulaires.
Sans vouloir faire ici un inventaire des erreurs épigraphiques qui sont à la base de maintes légendes pieuses, je crois indispensable d'en grouper quelques-unes. C'est une galerie de musée que nous allons parcourir.