L'AMOUR DANS LE PRINTEMPS
Pour qu'à jamais l'amour m'inspire et me retrempe,
Je ne demanderais, vois-tu, Que la seule faveur, chaque soir, sous la lampe.
De baiser tes petits pieds nus.
Puis, tu me renverrais, si tu veux, de ta chambre. En m'ordonnant de travailler jusqu'au matin. Pour te donner la gloire et l'Hymne, et l'or et l'ambre, Et que tout cela fasse un collier pour ton sein.
Je serais seul, avec les désirs qui réclament. Mais j'aurais dans mon cœur tout un éveil des dieux, ^fes baisers chanteraient en moi comme des âmes, Et toi tu dormirais sur mon oreiller bleu.
Puis, au soleil naissant, joyeuse et fraîche éclose, Tu ne pourrais pas voir ma fatigue au poids lourd, Car je saurais trop bien la cacher sous les roses Qu'en souriant te tendrait mon amour.