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FÉCONDITÉ

Été, dans ta splendeur je sens une souffrance,

Une douleur qui chante et qui gémit de volupté.

Chaude comme Tivresse et jeune comme respérance,

Parce qu'elle est ta floraison, toi-même, Eté,

Été, superbe instinct qui, dans Tair, sur la terre,

Dans le ciel et les eaux, dans les villes et les forêts.

Et dans l'ombre enivrée et que fascinent les lumières

Qui de leurs fièvres d'or me hantent pour jamais,

Fais éclater les fruits, les âmes, les chimères

De l'amour caressant, conquérant et farouche,

Et jusqu'en la nuit moite où j'implore en vain le sommeil,

T'en viens, plein de feux, à ma couche, Me mordre et m'atliser du dard de tes abeilles, De ces mille aiguillons qui vont jusqu'à mon cœur.

Et pour mon tourment y demeurent, Comme des fragments d'astre, arrachés brûlants au soleil !. ..

Eté terrible et doux qui nourris dans ton être

Les émerveillements et les fureurs de naître,

Les combats où le faible râle, où rit le fort,

Et les triomphes de la vie et de la mort.

Été souffrant et beau qui créas le génie

Et les monstres... pitié ! Laisse, oh ! laisse reposer l'heure

Endors ton sein qui bout ! Rêve que le monde est un leurre

Moi, j'ai besoin parfois d'écouter en paix tout mon cœur.

Cher été, pour que rien ne pèse sur nos fleurs.

Va, dépose un moment le fardeau de la vie,

Été de? monstres, des moissons et du génie !

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