‹ Les saisons ferventesChapitre 36 sur 88 · LA DAME DE L'AUTOMNE · texte numérisé non relu

LA DAME DE L'AUTOMNE

Jeune, elle a les cheveux tout blancs Et n'en dit pas la cause.

Et tout ce qu'on voit d'elle est blanc Comme une blanche rose,

Et tout en elle songe et, lent, Au souvenir repose.

Qu'a-t-elle perdu? L'avenir?

Sa vie humble et profonde, La fleur double où devait tenir

Sa petite âme blonde, Blonde à dorer tout l'avenir

De deux cœurs et d'un monde.

Mort? Trahison?.,. Ce fut un soir, — Le coup qui brise et tranche.

Pendant que tout devenait noir, La blondeur devint blanche.

Tous les oiseaux, ce même soir, Tombèrent de leurs branches.

On marche maintenant sur eux.

Sans se douter s'ils saignent,

Et l'on foule à terre des cieux

Trop fiers pour qu'ils se plaignent.

L'oiseau tombé de son vol bleu Ne gémit pas qu'il saigne.

Je la vis près du bord étroit.

Comme un amour timide.

Mon cœur l'appelait à mi-voix ;

Mais l'écho restait vide.

Elle écoutait des rêves froids

Lui parler dans l'eau vide.

ALTOMNE

Page 1