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VERS LA MER

C'est quand les vents déciment la verdure, C'est quand l'automne meurt en voltig-eant dana l'air, Que pâle je voudrais, à travers la molle nature, M'en aller vers la mer.

Je voudrais m'en aller vers celle-là qui mêle Aux engloutissements les résurrections, Etqui,commerarchangeetlesaig'les, tueàcoupsd'ailes, Et non point sous la hâve et pénible consomption, —

Oui, vers elle qui luit, source de Jouvence infinie, Qui, dans sa pure, amère et splendide fécondité, Pour conserver encor, Genèse, ton âge à la vie. Garde l'âme et le sang du primitif été (1).

(i) Allusion aux théories de M. Quinton.

Au delà du vieux sol où tant de forces déjetées Pourrissent lourdement dans les torpeurs d'en bas, Je voudrais m'en aller sur la mer sans cesse agitée, Maisdont le front mouvantdansles siècles ne change pas.

Je voudrais aspirer la fortifiante amertume

Des flots, pareils à mon esprit, Qu'un souffle aux cieux projette et que la foudre allume. Mais en qui la jeunesse éternelle et sainte sourit.

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