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LE VENT

Quand, sans fin, à travei^s les ténèbres vole le vent. Et que la plaine est morte, et qu'il n'est plus une lumière, Je vais dans l'ombre et suis heureux en Taspirant,

Ce pur, insaisissable vent, Car il est, comme moi, le lyrique et le solitaire. Fluide et caressant comme le sonj^e d'une femme. Ou fort comme le soufile et le sursaut de l'infini, Il semble une vibration d'ailes et d'âmes, Qui chantent, mais tout bas, bas comme des oiseaux sans nid.

Bas comme des oiseaux, comme de palpitants Désirs Qui, sans se reposer, volent en jetant leur soupir Dans l'espace nocturne, et jamais n'y trouvent leur nid.

Car il est, comme moi, le lyrique et le solitaire. Mais il est toujours libre. Et moi, renchaînéde la terre^ Je rêve, dans ses flots, qu'il m'emporte avec lui, Et qu'ensemble et mêlés, nous emplissons la grande nuit.

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