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LES AILES DE L'ANGE

Un bel ange volait dans le bleu de mon soir.

Il était lumineux comme un grand ostensoir

Souriant, et je vis qu'il portait les saisons.

Ses cheveux dor étaient l'ample été de moissons,

Sa gorge féminine un printemps où fleuronne,

Jumeau, l'Eden d'amour, et dans ses yeux l'automne

Avait mis la langueur enivrante et profonde.

Et, mélangés, septembre et mai faisaient la ronde

A ses bras, sur son front, en festons où l'œil glisse

De la flamme corolle à la fraîcheur calice.

Sur tout cela vibraient les éclairs fulgurants

De ses ailes, et je frémis en regardant ;

Car dans leur vol berceur qui porte les délices,

Ces deux ailes, c'était la double faulx du Temps.

ALTOMNE

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