L'AMOUR DANS L'HIVER
L LE FLAMDKAU
J'allais vers un llambeau, cjui dans le lointain rougeoyait.
Je marchais sous la pluie et la nuit, toutes deux si noires
Que l'on eût dit, dans l'ombre, un infini mort qui tombait.
Et ce feu brillait seul, comme un dernier espoir,
Un espoir de lumière et peut-être enfin de chaleur,
Lumière pour mes yeux et chaleur enlin pour mon cœur.
Et je marchais depuis des milliers d'heures et de leurres...
Ah ! c'est une chose sinistre. Quand l'espace, invisible, a l'air d'une tombe fermée, Où i'àme et l'aile sont, quoique libres, comme enchaînées. Mais le flambeau brillait, comme un grand œil qu'entoure un bistre De brume livide et noyée.
146 LES SAISONS FrnVENTES
Et j'allais, grelottant, mais les prunelles fascinées...
J'allais, de ma profondeur noire.
Vers ce rayon, cette chaleur et cet espoir.
Soudain, il s'éteignit.
Alors, sentant le vent, l'eau ténébreuse et l'infini, Et l'hiver et la mort me saisir et m'envelopper.
Alors, dans cette nuit,
Je me mis à chanter...
Etait-ce un chant? Ce fut, pleine des soupirs de l'été, Une prière où sanglotaient des voluptés, Une prière, — et l'infini.