II
La victoire, plus haut que Sedan, qu'Iéno,
Plus haut que les fureurs humaines,
Plus haut, plus près de la Beauté grande et sereine, La victoire, tu l'es déjà.
Car c'est une victoire, et la seule immortelle,
Quand dans le monde une pulsation nouvelle,
Qu'on ne connaissait pas et que plus rien n'arrêtera, Eclate.
Les rythmes d'alentour en palpitent et s'en dilatent ;
Oui, car tout sent qu'enfin c'est un triomphe de la vie Sur le chaos et le néant,
Une force inconnue et tout à coup jaillie, Et désormais épanouie
Comme un printemps.
Un branle de jeunesse et d'essor au vieux cœur du Temps.
Dans ion élan fougueux vers l'avenir, dans ton élan. Laide auto, vile auto, puisque tu réchauffes la vie. Sois f^omme le premier lilas d'avril bénie. Pulsation si jeune au vieux cœur du monde et du temps!
182 LES SAISONS fi:rvi:nti:s