‹ Les saisons ferventesChapitre 75 sur 88 · LES TRAINS DANS LA VERDURE · texte numérisé non relu

LES TRAINS DANS LA VERDURE

Les tx^ains qui vont, les trains qui viennent. Se croisent, haletants, entre ces deux talus De verdure grimpante et de fleurs qui deviennent L'éclat et le parfum et le rêve ingénu De la vitesse qui les bat d'un grand coup d'aile. Comme pour les porter d'un bond dans l'inconnu. 0 vitesse ! Flottant après ton passage éperdu.

A TRAVKRS I.FS SAISONS FEaVENTHS 1 '.) 1

Quelque chose de toi resle épais et comme perdu

Au cœur des fleurettes nouvelles, Qui gardent ton frémissement dans leur sein nu. Vitesse épanouie en ces frais calices qu'appelle, Loin sur la ligne, au fond des vains espoirs, l'écho grondant ! Comme tous mes désirs de voyage et d'élans,

Comme tous mes essors chantants, Tu n'es qu'un léger songe et qu'un mensonge du printemps, Vitesse de ces fleurs vers tant de nouveaux mondes — Ensorceleurs, qu'ils soient bons ou mauvais, — Et vers les terres de beautés et de reflets. Et d'éternelle fête, et de soleil et d'ondes, Qu'évoquent dans nos cieux les cris clairs des arondes,

Mais que nous ne verrons jamais...

Et je suis là, penché sur les bouquets fragiles, Sur qui soufflent les trains de flammes et de vent. L'herbe etles fleurs sourient, en aspirant l'air trépidant; Et sans cesse elles ont, jusqu'en mes nerfs fébriles, Le vertige pensif d'une fuite, hélas I immobile.

Ainsi vont mélangés, dans un drame obscur et latent, Les trains, mon cœur, les pâquerettes, le printemps.

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