‹ Les saisons ferventesChapitre 77 sur 88 · MORT ET VIE · texte numérisé non relu

MORT ET VIE

Je me souviens dun soir d'hiver.

Un reste de soleil, pâle, ctouiïé de brume. Disparaissait sous l'horizon désert.

Un engourdissement glacé figeait les airs.

Mais semant de la vie en soubresauts qui fument,

Un train sortait d'un tunnel sous la terre. Et la vapeur, le feu suintaient de la chaudière Qui, sifflante, attirait, ravivait sur son dôme D'or cuivré les rayons expirés par l'astre fantôme. Et c'était bien banal, certe, et pourtant ce- train, En passant, mit en moi des printemps, des matins ;

Car lui seul conservait encore.

Dans ce torpide hiver et dans ce monde éteint,

Le mouvement, le feu sacré, l'aurore. Et l'on eût dit que le soleil froid, presque mort. Cherchant la vie, était descendu dans le sein De la machine au souffle ardent de fer et d'or.

Et cela répandait un peu de force et d'énergie. Un peu de ciel sur la terre engourdie. Un peu de chaleur dans l'air mort.

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