‹ Les saisons ferventesChapitre 78 sur 88 · AU VIADUC D AUTEUIL · texte numérisé non relu

AU VIADUC D AUTEUIL

La nuit d'automne, molle et doucement sirène... Le bois tout près, qui va se perdre aux horizons...

Et sous le pont, Les bateaux dont les feux lentement coulent surlaSeine.

Va sur le pont, Le train qui vient clans un tonnerre et se déroule, Avec sa masse d'ombre et ses électriques fenêtres, Oiî des faces d'éclairs llamboient, qui sont des êtres... Le train, là-haut conduit par Thonime, se déroule. Son appel, dans les airs, hurle soudain comme une foule, Et flotte en lav^e traîne, et s'éploie et s'enfuit. Et jette aux astres, aux flots lents pleins de lumières Et d'échos scintillants qui longuement le réverbèrent, l'n g^rand sursaut d'espace et d'azur et de nuit.

Et c'est de l'indéfinissable.

Cette sensation s'élançant d'un coup de sifflet Oii se confondent sombrement du formidable. Du sublime et du vague, et des horizons violets. Et des vols d'échos noirs et des frissons qui grondent. Qui disent, de là-haut, que dans le songe et le réel, La chose la plus grande et la plus saisissante au monde. C'est un eflort humain, qui la nuit roule dans le ciel.

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