‹ Les saisons ferventesChapitre 83 sur 88 · L EXPRESS · texte numérisé non relu

L EXPRESS

Dormais-je ? Auprès de moi passa dans l'ombre un oui^aga

Ce fut comme un voleur géant.

Qui prend le vent d'un bond et l'enlève en l'éche vêlant. Et dans la vision de fer, de nuit, de feux, J'entrevis un visage en un soleil vertigineux, L'Homme-Vapeur, tranquille et penché vers l'espace Qui tournoie et s'approche et s'enfuit de sa face. Et cet être, dressé sur l'aurore du grand foyer, Et qui tient la vitesse esclave sous ses pieds, Cet homme qui, chez lui, n'est peut-être qu'un malheureux.

Grossier, sans lumière et sans âme, Ici, debout sur la Force et In Flamme, A dans son corps obscur l'éveil latent d'un dieu. Car il est aussi, lui, la main qui d'un g-este ou l'air gronde,

Darde et dirige un monde.

Des centaines de vies à ses doigts suspendues,

11 porte des moissons humaines, Comme l'esprit divin qui lança la terre et l'entraîne Dans un orbe impeccable, à travers l'étendue. l'^t sur sa noire et rouge plate-forme, 1.,'homme-vapeur, plong-eant dans le vent de l'espace, Qui danse et souffle et file, et cingle et fuit sa face, L'homme-vapeur écoute en lui grandir énorme, Pendant que terre et cieux galopent comme ivres d'angoisse, Un tourbillon confus de feux et de ténèbres. Comme si le Cosmos était rué dans ses vertèbres.

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