‹ Les saisonsChapitre 42 sur 73 · LES LUMIERES · texte numérisé non relu

LES LUMIERES

Le visir Mussafer demandoit un jour au grand Aaron Raschild ( que Dieu soit avec lui ! ) quelles étoient ses vues en établissant des académies , en fondant des écoles, en faisant fleurir les sciences. Pensez-vous , disoit le visir, que vous en serez mieux obéi0 Oui, répondit le calife, parceque mon peuple

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jugera mieux de la justice de mes lois. — En paierat-il mieux les tributs? — Oui, parcequ'il verra que je ne lui en demande que de nécessaires. — Vos soldats combattront-ils avec plus de zèle? — Oui, parcequ ils auront des chefs plus éclairés. Mais, continua Mussafer, vos sages, vos savants, ne voudrontils pas se mêler du gouvernement? ô seigneur des seigneurs! n'auront- ils pas l'audace de vous supposer des fautes? Ils feront mieux, dit Aaron, ils me diront celles que j'aurai faites , et m'apprendront à n'en plus faire. Le visir insista, et dit: Quoi! lumière du monde, vous permettrez à vos sages de dire librement tout ce qu ils pensent? Sans doute , répondit vivement le calife; s ils ne parloient pas librement, ils n instruiroient qu imparfaitement. — Mais quelques uns deux ne peuvent-ils répandre des erreurs ? — Oui , et ces erreurs seront combattues par d'autres sages. Seigneur, ajouta le visir, il faut ne vous rien dissimuler ; depuis que votre peuple commence à s instruire, ceux que vous honorez de vos grâces et de votre confiance deviennent les objets de la censure publique : moi-même , seigneur, moi-même... J'entends, dit le calife; et il se retira.

Lorsque 1 illustre Giafar, le plus sage des fidèles , l'ami d Aaron Raschild et des hommes, fut élevé à la place de visir, il protégea les sciences ; il voulut que

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les peuples fussent assez éclairés pour connoître tout le bien qu'il vouloit faire.

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