‹ Les salaires au XIXe siècleChapitre 16 sur 66 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

L^Ouyrière.

Objections contre le travail des femmes dans les ateliers. — L*hygiène ; la morale ; la concurrence des femmes au travail masculin. — Les ouvriers typographes. — Les socialistes ; le travail non pay6. — Réponse. — Statistique des salaires des ouvrières.— La hausse : 1844, 1853, 1811, 1881. — Les domestiques; hausse de leurs gages; elle dépasse la moyenne générale.

En étudiant le salaire des ouvriers de la grande industrie^ nous avons été amené à indiquer celui des femmes attachées aux manufactures, et à constater dans quelle mesure considérable celles-ci avaient bénéficié de la loi économique en vertu de laquelle l'accroissement le plus fort atteint les salaires qui, au début, sont les plus bas. Soit que nous étudiions le salaire actuel des ouvrières d'usines^ soit que nous en parcourrions l'augmentation progressive, notre regard n'a pas rencontré de tableaux trop sombres. Il semble que le fait par elles de travailler avec les hommes et aux mêmes taches ait pour résultat d'élever leur rémunération.

Et cependant que d'attaques ont été dirigées contre le travail des femmes dans les usines ! On a soutenu qu'il était de nature à compromettre leur santé^ à blesser leur moralité ; et puis l'on a affirmé que l'emploi des femmes n'était pour le patron qu'un moyen de déprimer les salaires et d'augmenter par là son profit. Bref, l'on a dit : « Le mari à l'atelier^ la femme à la maison. »

Sans nul doute, dans une société idéale, où les salaires seraient élevés, les maris sobres, les maladies rares, où la mort, plus clémente dans ses arrêts, ne donnerait pas le spectacle de veuves et d'orphelins réduits à la misère, dans une telle société, nous dirions : « Le mari à Tatelier, la femme à la maison. » Le salaire du mari suffirait au ménage ; la femme préparerait les aliments, ferait les travaux domestiques de couture et de blanchissage, et contribuerait par ses soins à rendre Tintérieur plus gai et moins froid ; elle pourrait encore, si le temps le lui permettait ou si le salaire du mari était insuffisant, s'adonner chez elle à quelques petites occupations douces et aisées, dont le produit viendrait servir d'appoint au budget du ménage. Mais, malheureusement, les cités de Solente n'éclosent que dans l'imagination des poètes, et notre pauvre humanité doit compter avec une foule de tristesses et de maux. Le chef de famille vient-il à mourir, que va faire sa veuve, et comment nourrira-t-elle ses jeunes enfants ? — Voici une orpheline : elle a quinze ou seize ans ; elle est sans famille, sans amis, sans soutien ; il lui faut lutter pour l'existence ; est-ce à elle que vous direz : « Le mari à l'atelier, la femme à la maison ? » Elle vous répondrait qu'elle aussi forme ce souhait, mais que, jusqu'à sa réalisation, elle doit demander au travail, pour ne pas le demander à la prostitution, son pain quotidien. — Et la femme dont le mari est malade, et celle dont le mari, paresseux ou ivrogne, laisse dans les cabarets le fruit d'un travail irréguUer, les empêcherez- vous de demander à l'ateUer un complément de ressources ? Singulier procédé que celui qui consisterait, pour protéger la femme, à lui interdire le travail !

Mais, ajoute-t-on, pourquoi n'obUgerait-on pas les femmes à choisir les professions auxquelles leurs aptitudes les destinent, et dont des raisons de santé ne les éloigneraient pas ? L'Etat ne devrait-il pas intervenir

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afin d'empêcher, dans certains cas, le travail féminin? — Remarquons tout d'abord que cette ingérence, à supposer qu'elle fût permise, aurait pour premier effet, en restreignant le nombre de métiers accessibles aux femmes, de rendre, dans les rares professions dont elles ne seraient pas exclues, leur concurrence tellement sérieuse et active, que leurs salaires ne tarderaient pas à en souffrir, et à être davantage déprimés. Comme Ta si bien reconnu réconomiste anglais Fawcett, « toutes les fois qu'on pro- « pose de mettre des restrictions sur l'industrie des « femmes, il faut se rappeler que, si l'on ferme une source « d'occupations pour les femmes, les autres branches « où elles trouvent de l'occupation sont encombrées. ... » Et il ajoute : « Ceux qui prennent sur eux de décider « quelle besogne est faite pour les femmes, et quelle ne « l'est pas, oublient trop souvent que n'importe quelle « industrie est meilleure que la misère. » (1). — Mais, d'ailleurs, appartient-il au Gouvernement de protéger les femmes? Peut-être serait-on tenté de se ranger à cet avis. Les femmes, dirait-on, sont des mineures perpétuelles ; elles ne peuvent se protéger elles-mêmes ; elles sont incapables ; n'est-il pas juste, dès lors, que l'Etat, dans les attributions duquel rentre la police du travail, les défende contre les abus qu'elles pourraient faire de leurs forces ? L'assittiilation des femmes aux mineurs est exagérée : les femmes ont, sans nul doute, une organisation frêle et délicate qu'il est raisonnable de protéger ; elles sont appelées à devenir mères, et, en les entourant d'une protection éclairée, le législateur songe à la génération future, à cette population ou vrière du lendemain qui doit occuper, elle aussi, sa place dans ses préoccupations. Mais envisager les femmes comme des mineurs, c'est aller un peu loin ; les mineurs sont faibles de corps et d'esprit ; il

(1) H. Fawcett, Travail et Salaires^ trad. par Raffalovicb, page 178,

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faut les soustraire aux excès auxquels ils peuvent être en butte de la part soit de leurs patrons, soit de leurs parents, pressés d'en tirer profit ; leur développement physique est incomplet ; il y a lieu de les faire échapper aux influences qui poiurraient le paralyser ou Tentraver. Mais les femmes, malgré Vimbecillitas sexûs que les Romains s'étaient plu à leur reprocher, ont une intelligence aussi ouverte que la nôtre ; en vain objecte-t-on l'incapacité dont la femme mariée est frappée par notre loi ; cette incapacité trouve son seul fondement dans le mariage, et ne s'explique que par l'idée d'obéissance. Elles sont, grâce à Dieu, en état de résister à tout usage immodéré que l'on serait tenté de faire de leurs forces, et elles ne poussent pas tellement loin l'obéissance, même vis-à-vis de leur mari, qu'elles ne puissent fuir les excès de fatigue que l'on voudrait leur imposer. Bref, si nous comprenons dans une certaine mesure qu'une loi limite le nombre des heures de travail pour les femmes comme pour les mineurs, qu'elle leur interdise certains emplois absolument dangereux ou insalubres, nous ne concevons pas, au contraire, qu'elle aille jusqu'à leur fermer l'ate- Uer, sous le prétexte, ou, si vous le voulez, par la raison que leur présence y serait peut-être ou éventuellement funeste à leur santé ou à leurs mœurs.

D'ailleurs, si les objections tirées de l'hygiène et de la morale étaient fondées, et si^ en outre, il y avait lieu d'en tenir compte, ce ne serait pas seulement l'emploi des femmes dans les usines ou les manufactures que nous devrions condamner^ ce serait également leur présence dans les ateliers de la petite industrie ? N'est-ce pas là que les heures de travail atteignent accidentellement le chiffre le plus élevé (1) ? N'est-ce pas là où les précautions les plus élémentaires sont parfois les plus

(1) M. Leroy-Beauliea. Le Travail des femmes^ p. 219 et s.

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négligées ? D'autre part, c'est encore là où les promiscuités fâcheuses sont davantage à craindre, parce qu'elles sont plus intimes, et que la surveillance y est plus souvent relâchée. — Il n'y a pas jusqu'au travail isolé que, au nom de l'hygiène, nous devrions interdire. Les veilles prolongées de l'ouvrière, seule dans sa chambre, l'hiver, sans même la compagnie du . feu qui égayé en même temps qu'il réchaufife, quelquefois avec un éclairage insuflSsant, ces veilles n'ont-elles pas causé plus de maladies que l'usine ; n'ont-elles même pas suscité plus de mauvaises pensées, et enfanté plus d'actions coupables que la présence dans l'atelier ? 11 faut avoir lu ou entendu The song of the shirt, la chanson de la chemise, pour comprendre tout ce que le travail isolé renferme d'inconvénients et de dangers :

« Une femme est assise, couverte de haillons, ses « paupières sont rouges et gonflées, ses doigts sont las « et usés. Avec une hâte fiévreuse, elle pousse son ai- « guille, elle tire son fil, et, sans relâche, d'une voix aigre « et gémissante, elle chante la chanson de la chemise : « Pique, pique, pique, mon aiguille, quand le coq chante (( au loin, et pique, pique, pique encore quand les étoiles « brillent à travers ton toit disjoint. Pique, pique, pique « jusqu'à ce que ton cerveau flotte dans le vertige, jus- « qu'à ce que tes yeux soient brûlants et troublés, jus- « qu'à ce que tu tombes endormie sur les boutons et que « tu achèves de les coudre en rêve.

« O hommes qui avez des sœurs que vous aimez ! ô

« hommes qui avez des épouses et des mères ! ce n'est

« pas du linge que vous usez chaque jour, ce sont des

« vies de créatures humaines

Dans la campagne dirigée contre les ateliers de femmes, on est guidé par un motif que l'on n'avoue point,

et que l'on colore de prétendues raisons d'hygiène et de morale. Le mobile, c'est la concurrence faite par les ouvrières aux hommes ; c'est notamment cette concurrence qui explique la guerre faite par les ouvriers typographes à l'emploi des femmes dans les imprimeries. Et, pour prendre précisément cet exemple, s'il y a environ (c'est là une évaluation qui ne peut avoir qu'une valeur approximative) 1,000 femmes employées dans les ateliers typographiques de Paris, et 3,500 hommes ; si, en province, sur une population ouvrière de peut-être 4,000 typographes, le quart est représenté par des femmes, on peut juger de l'étendue de cette concurrence. Les femmes augmentent l'offre du travail ; leur présence empêche les augmentations trop brusques de salaires et rend les grèves moins fréquentes, et surtout moins préjudiciables pour les patrons. En outre, les femmes reçoivent fréquemment un salaire inférieur à celui des hommes ; elles ne sont pas tenues de se soumettre aux tarifs, et dès lors leur salaire est rémunéré d'après la convention qui intervient entre elles et leurs patrons, et qui, partant, varie suivant chaque atelier. Payées à la tâche^ elles sont parfois moins rétribuées que les hommes, et de là les réclamations de ces derniers ; dans d'autres imprimeries, au contraire, elles ont le même salaire, et, il faut le reconnaître, ce mode de rémunération aura fréquemment ce résultat pour conséquence. Payées à l'heure ou en conscience, elles sont toujours moins rémunérées; elles acceptent, d'ailleurs, cette infériorité sans murmurer. Leurs besoins physiques, en effet, sont restreints ; leur corps n'a pas les mêmes exigences ; mais, si elles ne protestent pas, trop heureuses d'un salaire qui, eu égard à celui des autres métiers féminins, ne laisse pas que d'être encore élevé, il n'en est pas de même de leurs compagnons d'atelier, qui voient dans cette inégalité un préjudice pour leurs propres intérêts.

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Voilà la véritable raison de cette guerre contre le travail féminin ; mais les ouvriers ne l'invoquent pas ouvertement. Plus francs sont à cet égard les socialistes. Karl Marx se plaint de ce que, grâce à cette substitution du travail féminin au travail masculin^ le capital soit parvenu à déprimer les salaires, et à accroître le nombre des heures de travail non payées, c'est-à-dire des profits. Mais, comme Ta démontré M. Leroy-Beaulieu (1), la fausseté du raisonnement du socialiste allemand est évidente : Texpérience prouve que toute économie qui est générale dans la production, loin d'accroître les profits, abaisse 1^ prix des marchandises ; la société, représentée par le consommateur, est seule à retirer un avantage des améliorationsgénéralesaccomplies dans l'industrie. « Le « premier qui aurait introduit des femmes et des enfants « dans une production qui leur était fermée, aurait pu « augmenter temporairement ses profits ; mais bientôt « dix industriels, cent industriels l'imitent ; son organi- « sation cessant d'être un secret et un privilège, les pro- « fits seraient revenus et pour lui et pour tous à leur tt taux antérieur. » — On ajoute que le salaire naturel de l'homme, qui devrait être basé sur les besoins de la famille, ne se détermine plus, lorsque la femme travaille, que sur ceux du mari. Qu'il nous suffise, comme réfutation, de faire remarquer que les salaires des hommes n'ont pas décru ; les statistiques montrent que depuis cinquante ans, et même dans les professions où les hommes ont eu à subir la concurrence des femmes^ la rémunération du travail n'a pas cessé de s'élever.

Il semblerait, à suivre cette discussion, et à étudier les objections que nous nous sommes efforcé de réfuter, que les hommes eussent seuls dans certains métiers un droit au travail, et que l'emploi dans ces ateliers consti-

(1) Le Collectivisme y p. 288.

tuerait une sorte de monopole attaché à leur sexe. Mais que Ton regarde Tantiquité, que Ton considère seulement le siècle qui nous a précédés. Est-ce que, avant Tère des machines, avant la naissance de la grande industrie, dont on veut les exclure, les femmes ne travaillaient pas ? Elles labouraient la terre, elles portaient des fardeaux, elles filaient, elles tissaient. Aujourd'hui que la filature et le tissage sont devenus des travaux mécaniques, est-il permis de les leur interdire, parce que le travail en est plus productif ? — Au surplus, dans une foule de métiers qui étaient naguère leur domaine exclusif, les femmes sont aujourd'hui remplacées par les hommes ; les magasins de nouveautés en sont un exemple. S'il est même actuellement une difficulté, c'est de trouver des occupations aux femmes, et une œuvre véritablement philantropique serait de leur donner accès à de nouvelles carrières. — En 1789, avant la réunion des Etats-Généraux, l'on voyait paraître la />éi^:ïrbA^ des femmes du Tiers-Etat au roij dans laquelle elles demandaient que tous les métiers consistant à coudre, à filer et à tricoter, leur fussent exclusivement réservés (1) ; elles dépassaient à coup sûr la mesure dans ce cri par lequel, réclamant le droit au travail, elles s'honoraient de cette épithète que Michelet devait plus tard stigmatiser (2) ; mais combien plus la dépasse-t-on aujourd'hui contre elles !

La rémunération de la femme a gagné à l'augmentation du salaire mascuUn, et son accroissement mérite une attention au moins égale à celle que nous avons accordée à celui-ci ; mais, par différentes raisons, toutes les statistiques des salaires féminins sont beaucoup moins précises et beaucoup moins probantes que celles des salaires

(1) M. Leroy-Beaulieu, Le travail des femmes au XIX- siècle, p. 23.

(2) « L'ouvrière, mot sordide et impie. »

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des ouvriers mâles. Il y a pour les femmes divers éléments perturbateurs qui n'existent pas pour les hommes. Beaucoup d'entre elles sont nourries ; beaucoup aussi, sans l'être complètement, prennent un repas chez le patron.

PRIX DE JOUBNÉE MOTEN DES FE1IME8 A PARIS :

Professions 185J 1871 1881 (1) Aug. OiO.

Blanchisseuses 2fr.50 3fr. » 3fr. 25 30 0/0

Brodeuses 1 » 3 » 4 25 112

Corsetières 1 50 2 » 2 » 33

Couturières en robes.. 1 75 2 u 2 » 14

Culottières 2 50 4 » 4 » 60

Dentellières 2 30 3 » 3 » 30

Fleuristes 2 50 3 » 3 » 20

Liogères 1 50 2 » 2 » 33

Piqueuses de bottines. 2 50 3 » 3 » 20

Moyenne générale 2 fr. 12 2 fr. 78 2 fr. 95 39 0/0

Nous rappelons ici que la moyenne générale du salaire était pour les ouvriers de 3 fr. 82 en 1853 , de 4 fr. 99 en 1871 , et de 5 fr. 66 en 1881. Le salaire de l'homme à Paris est prés du double de celui de la femme.

L'augmentation du salaire des ouvrières parisiennes, de 1853 à 1881 , n'est seulement que de 39 0/0 en moyenne; elle est inférieure à celle que nous avons constatée pour le salaire de l'ouvrier (48 0/0). Et encore faut-il déduire le chômage, qui prend environ un jour sur quatre.

Si nous remontons d'une dizaine d'années avant 1853, nous trouvons une statistique dressée en 1844 par M. Louis Blanc (2). La thèse soutenue par l'auteur peut faire croire les chiffres un peu inférieurs à la réalité ; quoi qu'il en soit, nous les citons. Les ouvrières, dans les professions qui précèdent, gagnaient respectivement :

(1) Annuaire statistique de 1884.

(2) L'Organisation du travail.

Aug. OiOde 1844 à 1881 :

BlanchiggeaseB..... 2flr. » 62 0/0

Brodeuses 1 50 183

Gorsetières 1 » 100

Ck)utunère8 1 25 60

Culotières. 1 75 128

Dentellières 1 50 100

Fleuristes 1 50 100

Lingères » 90 122

Piqueuses de bottines 1 50 100

Moyenne 1 fr. 43 106 0/0

Il y a à Paris, et dans presque toutes les villes, pour chaque spécialité, des ouvrières qui sont presque des artistes et qui se font payer fort cher. En revanche, il en est un grand nombre qui doivent accepter des salaires inférieurs à ceux qui précédent.

En 1860, d'après Tenquête faite par la Chambre de commerce^ sur les 106^310 ouvrières de l'industrie parisienne, on en comptait 73 gagnant de 7 à 10 fr. ; 694 gagnant 4 fr. 50 à 6 fr. ; 1,264 gagnant 4 fr. ; 2,250 gagnant 3 fr. 50; 411 gagnant 3 fr. 25; 7,588 gagnant 3 fr. ; 2,055 gagnant 2 fr. 75 ; 17,873 gagnant 2 fr. 50; 7,723 gagnant 2 fr. 25 ; 24,810 gagnant 2 fr. ; 7,644 gagnant 1 fr. 75; 16.722 gagnant 1 fr. 50 ; 7,093 gagnant 1 fr. 25 ; 6,505 gagnant 1 fr. ; 2,429 gagnant fr. 75, et 1,176 gagnant fr. 50. Ainsi, il ne s'en rencontrait pas 12,000 qui gagnassent en 1860 plus de 2 fr. 75 par jour; encore un millier de celles-ci pouvaient-elles passer pour des directrices d'atelier ou des contre-maîtresses, plutôt que pour des ouvrières à proprement parler. Aujourd'hui, la moyenne générale est de 2 fr. 95.

Le tableau est-il moins sombre dans les villes chefslieux de département ? Les salaires y étaient, en 1853, deux fois moins élevés qu'à Paris ; mais en 1881 l'écart s'était atténué, la progression ayant été beaucoup plus

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