ET ACTUELLEMENT
Ports. en 1850. Actuelle. Augmentation
Voiliers. Steamers. absolue, proport»
Bristol. 45 75 30 66
Glasgow 45 70 25 55
Liverpool 50 67 6 16 6 33
Id 50 85 35 70
Id 45 60 15 33
Id 40 50 10 25
Id 42 6 60 17 6 40
Londres... 45 75 30 66
Id 50 77 6 27 6 55
Id 45 65 20 45
Id 45 70 25 55
Id 40 67 6 27 6 69
Id 40 67 6 27 6 69
Moyenne 52
M. Leone Levi donne, d'après M. Chadwick et M. le
27 8fa.
30 sh.
35 à 40 sh.
docteur Watt, la progression des salaires hebdomadaires de l'industrie cotonniére (1) :
Fileurs (hommes). ... 20 sh.
Gardeurs 20
Remoulem's 14
La hausse serait de 75 à 100 p. 0/0.
M. George Lord, président de la Chambre do Commerce de Manchester, dans un rapport, dont M. Leone Levi reproduit les chiffres et les conclusions, sur Taccroissement de 1850 à 1883 des salaires afférents aux divers métiers du Lancashire, évalue à 42 p. 0/0 le montant total de la plus-value moyenne pour le filage et le tissage du coton, le blanchiment et l'impression du calicot.
Bref, si l'on ne peut pas dire de l'Angleterre que les salaires y sont restés stationnaires, l'on ne saurait, en revanche, affirmer que c'est dans ce pays que la hausse ait été la plus forte. En cela, nous nous nous séparons de M. Jeans, dont l'affirmation est absolument contraire.
Si, en effets nous reprenons les chiffres de M. Coleman, dans son rapport sur l'agriculture du comté de Northumberland, nous voyons que le salaire hebdomadaire de l'ouvrier agricole n'avait passé, de 1861 à 1881, que de 16 sh. 6 à 18 sh. ; il est vrai qu'il s'était largement accru de 1851 à 1861, passant de 11 sh. à 16 sh. 6.
En Allemagne, au contraire, pendant les vingt dernières années, d'après M. La voilée (2), le gain de l'ouvrier agricole s'est accru de 50 0/0 à 100 0/0. L'affirmation de M. La voilée est, au reste, confirmée par un éminent statisticien pour lequel la situation économique de l'Allemagne n'offre aucun secret. M. Maurice Block,
(1) V. le Bulletin de statistique du Ministère des finances^ n» de février
(2) Des Classes ouvrières en Europe^ t. 1, p. 74, 2* éd.
dans une étude fort intéressante sur Tagriculture allemande (1), reproduit un tableau du mouvement des salaires présente par le secrétaire général de la Société d'agriculture de la province de Prusse Occidentale, M. Œmler, à Danzig :
Il y a 20 ans. Aujourd'hai. Augment.
Gages d'un laboureur 84 à 90 marks 140 à 160 marks 720/0
Id. d'un palefrenier.. 50 60 — HO 130 — 118
Id. d'une servante... 24 30 — 60 80 — 159 Salaire d'un batteur en
grange 50 — 65 — 30
Salaire d'un moissonneur 100 — 150 — 50 Id. d'un ouvrier ordinaire 120 — 200 — 66
{Baûerliche Zustaûde, t. II, p. 234).
(( Dans d'autres provinces, ajoute M. Maurice Block, « nous trouvons des proportions un peu différentes : « souvent, comme dans le Brandebourg, en Saxe et (( ailleurs, des salaires en nature, comprenant quelquefois « un champ que le patron laboure ot fume, améliorent « sensiblement la situation de Touvrier sédentaire. Le « journalier, lorsqu'il est nourri, reçoit, en plus d'un sa- « laire élevé, des aliments substantiels et relativement « coûteux. »
La hausse des salaires industriels en Allemagne n'a pas été moins sensible : en Wurtemberg, de 1839 à 1869, soit en trente ans, selon M. LavoUée (2), elle avait pris des proportions considérables : on l'évaluait à 50 p. 0/0 pour certains corps de métiers, à 80 et 90 p. 0/0 pour d'autres : elle atteignait jusqu'à 100 p. 0/0 dans certaines branches de l'industrie du bâtiment, et le mouvement n'avait cessé de s'accélérer dans les quelques années écoulées depuis 1869.
(1) Revue des Deux-Mondes, n® du 1' octobre 1884.
(2) Des Classes ouvrières en Europe, p. 134.
Dans les mines de TEtat, en onze années, de 1863 à 1874, les salaires s'étaient accrus de plus de 120 p. 0/0^ quoique le nombre des heures de travail eût diminué (1). C'est là une proportion bien supérieure à celle que nous avons constatée pour les ouvriers mineurs français.
Les salaires allemands ont, dans ces dernières années, haussé rapidement, parce qu'ils étaient auparavant plus faibles, et étaient restés plus longtemps stationnaires.
(1) Ibid, p. 161.