‹ Les salaires au XIXe siècleChapitre 30 sur 66 · PRIX COMPARATIFS DE LA VIE DANS DIFFÉRENTS PAYS · texte numérisé non relu

PRIX COMPARATIFS DE LA VIE DANS DIFFÉRENTS PAYS

bas prix des céréales. Les prix australiens, quant au pain, ne semblent pas dépasser les prix français.

Pour la viande, l'avantage est pour l'ouvrier américain. Il paie le bœuf fr. 40 à Chicago ; fr. 57 1/2 à New- York ; en France, fr. 92 1/2 ; en Angleterre, 1 fr. 02 1/2. L'écart est le même pour les autres viandes. En Australie, les prix sont très peu élevés : pour l'Etat de Victoria, nous lisons que la livre de bœuf vaut de 1 den. 1/2 à 6 den. (c'est-à-dire de fr. 15 à fr. 60) ; le porc, de 6 den. à 8 den. (0 fr. 30 à fr. 80) ; le mouton, de 1 den. 1/2 à 4 den. (de fr. 15 à fr. 40). Dans la Nouvelle-Galles du Sud, il en est de même : le mouton frais vaut de 3 à 5 den. (de fr. 30 à fr. 50) ; le mouton salé se vend 2 1/2 den. (0 fr. 25) ; le porc est un peu plus cher , il vaut de 5 à 8 den. Ce sont, autant que nous avons pu en juger, les prix des villes ; dans les campagnes, et sur les domaines des squatters^ au milieu des troupeaux d'innombrables moutons, la chair de ceux-ci ne doit presque pas avoir de valeur vénale ; aussi forme-t-elle la base de la nourriture des travailleurs, et revient-elle chaque jour sur leur table. Les ouvriers seraient volontiers tentés, paralt-il, de prendre contre cette nourriture les précautions des servantes écossaises contre le saumon : « Ah I si vous saviez ce que « c'est que de manger du mouton trois fois par jour, « semaine après semaine, mois après mois, vous ne « viendriez pas nous dire que nous devons être contents « de notre situation », disait un ouvrier du Queensland à un écrivain anglais, M. TroUope, qui fut peu sensible à ces plaintes, et répondit avec autant d'esprit que de bon sens à son interlocuteur, qu'il aurait un moyen fort commode et naturel de diminuer son martyre au moins d'un tiers, ce serait de ne manger que deux fois par jour, au lieu de trois (1).

(i) M. Emile Montégut, loc, cit.

Le beurre se vendait, en 1878, 1 fr. 45 la livre à New- York et à Chicago ; 1 fr. 72 en Angleterre ; 1 fr. 30 en France ; 1 fr. 10 en Allemagne; de 1 à 1 fr. 75 en Australie, dans la colonie de Victoria. — Le fromage valait

fr. 52 1/2 à Chicago ; fr. 67 à New-York ; fr. 90 en Angleterre; 1 fr. 25 en Allemagne. UAustralian Hand'Book donne pour la colonie de Victoria fr. 80 à

1 fr, — Les pommes de terre sont moins chères en France et en Allemagne qu'aux Etats-Unis et en Angleterre,

2 fr. 60 le bushel de 35 litres 24 contre 8 fr. 30 en Angleterre, 7 fr. 50 à New- York et 3 fr. 75 à Chicago. — Le lait (1 litre 136, c'est-à-dire le quart de gallon)^ valait fr. 35 à Chicago ; fr. 42 1/2 à New- York ; fr. 45 en Angleterre ; fr. 55 en Allemagne. Pour la France, la statistique ne fixe aucun chiffre : nous pouvons évaluer le prix de fr. 18 à fr. 35, suivant les régions et les villes. A Melbourne, il valait en 1881 fr. 40 à fr. 60. Pour les produits de laiterie, c'était donc l'Europe qui avait, en 1878, lavantage des bas prix.

Pour les œufs , la douzaine revenait quelque peu meilleur marché à Chicago qu'en France ; mais le prix de New York était supérieur au nôtre ; il est, d'ailleurs, possible de juger par les chiffres : la douzaine coûtait fr. 85 à Chicago ; fr. 90 en France et en Italie ; 1 fr. en Allemagne ; 1 fr. 25 en Angleterre ; 1 fr. 42 1/2 à New- York. Nous Usons le chiffre de 1 fr. 45 à 1 fr. 95 pour la colonie de Victoria.

Les produits les plus raffinés de l'agriculture^ comme on le voit, sont plus élevés de l'autre côté des mers que de ce côté-ci. Cette différence s'atténuera avec les progrés de l'agriculture dans les pays neufs.

Le café était un peu moins cher aux Etats-Unis qu'en Europe : 1 fr. 45 à Chicago et 1 fr. 30 à New- York , contre 1 fr. 80 en Angleterre et en Allemagne, et 1 fr. 55

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