‹ Les salaires au XIXe siècleChapitre 31 sur 66 · PRIX COMPARATIFS DE LA VIE ÔARS DIFFÉRENTS PAYS · texte numérisé non relu

PRIX COMPARATIFS DE LA VIE ÔARS DIFFÉRENTS PAYS

en France. Il faut bien l'avouer, sans l'impôt, la situation serait renversée, et cette denrée serait moins chère en Europe.

L'ouvrier américain et l'ouvrier australien ont leurs vivres à un tiers de prix meilleur marché que l'ouvrier français ne peut se procurer les siens. Mais il ne faut pas oublier que la nourriture ne prélève que 61 p. 0/0 des dépenses totales. Le logement et l'habillement prennent l'un, 15 p. 0/0; l'autre, 16 p. 0/0. Or, chacun de ces deux articles impose une charge inlBniment plus lourde à l'ouvrier des Etats-Unis et à celui des colonies AustraUennes.

Le prix du logement est, en efifet, assez cher aux Etats-Unis, soit à raison du prix des matériaux qui entrent dans la construction, soit à raison du taux des salaires des ouvriers du bâtiment ; il n'est pas jusqu'à la valeur du terrain^ dont l'élévation ne soit aux Etats- Unis une cause de la cherté du loyer des habitations qui y sont édifiées ; l'intérêt des capitaux est lui-même à un taux beaucoup plus haut au delà de TOcéan qu'ici. Il résulte de tout cela que le loyer de l'ouvrier est au moins une fois plus élevé en Amérique qu'en France ; il est même parfois triple ou quadruple ; mais il y a lieu de remarquer que le travailleur américain est, ainsi que nous le verrons plus loin, beaucoup plus exigeant pour son logement que le travailleur français.

Il en est de même de l'habillement et de l'ameublement, qui, par suite du taux élevé des salaires et des tarifs protecteurs, sont d'environ de 25 à 30 p. 0/0 plus chers qu'en France.

Bref, étant donnée la répartition des diverses dépenses, si l'on tient compte de la différence du prix de la viande, de 40 p. 0/0 meilleur marché aux Etats-Unis, et de celui des objets accessoires d'alimentation, inférieur de 10 p. 0/0 en Amérique, et si l'on tient compte à l'in-

verse, de ce que le loyer y est de 100 p. 0/0 plus cher, que le vêtement et rameublement y sont d'un quart plus élevés, et si Ton suppose enfin que le prix des autres choses soit identique dans les deux pays, on trouve que l'avantage pour Touvrier Yankee est seulement de 3 à 4 0/0.

En Australie, le loyer d'un cottage d'artisans varie à Sydney, de 8 fr. à 15fr. par semaine, si la maisonnette a trois chambres et une cuisine, et de 16 fr. à 24 fr. pour le double de pièces. A trois milles de la capitale, les loyers sont presque de moitié moindres (1). Pour les vêtements et autres objets d'habillement, l'on peut dire qu'il n'y a guère de différence entre l'Europe et les colonies de l'Australie.

Si l'on voulait résumer autant que le permettent les éléments si variés du budget d'un ménage ouvrier, ainsi que le vague des renseignements, si l'on résumait, disons-nous, la comparaison entre la situation de l'ouvrier en Australie et en France, l'on pourrait dire que la vie matérielle est quelque peu plus chère dans ce dernier pays.

(1) Australian Hand-Book. — M. Emile Montégut, loc, cit.

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