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CHAPITRE XXI

La loi de l'offre et de la demande et la hausse

des salaires.

Ouvriers agricoles. Accroissement de leurs salaires sans grèves. Faveurs politiques. Augmentation de la productivité de leur travail : progrès, perfectionnement des outils. — Augmentation de la valeur vénale de la terre ; mais accroissement plus considérable des salaires. — Différence dans les salaires, résultant d*une productivité différente suivant les pays. — Augmentation de la fortune publique. — Autre raison de l'accroissement des salaires : dépeuplement des campagnes.— Ouvriers de rindustrie. — Transformation de Tiodustrie par la vapeur et les chemins de fer. — L'emploi des machines se généralise. — Industrie des transports. — Industrie du bâtiment. — Industries textiles. Le vêtement et la chaussure. — Différence entre les pays au point de vue de TefQcacité du travail.

A l'appui des principes que nous venons de poser, il est un fait singulièrement probant : c'est la hausse qui s'est fait sentir sur les salaires agricoles. Que les coalitions, les syndicats professionnels, et autres institutions ouvrières, aient agi sur les salaires industriels, nous n'en doutons pas . Mais rien de semblable ici : l'ouvrier agricole, sauf peut-être en Angleterre (où l'on vit de 1872 à 1875 une immense coalition des bandes ambulantes, gang System) (1) n'a jamais songé aux grèves ; il ne

(1) Une partie seulement des travailleurs agricoles anglais sont sédentaires ; le plus grand nombre, surtout dans TEst, mènent une existence

s'est jamais préoccupé de l'organisation des syndicats ; pour lui aussi les séries de prix sont restées chose inconnue et sans application. Il a profité pacifiquement et naturel lement de raccroissemen t de la fortune publique; il a vu sa rémunération grandir, sans que cette hausse n'ait d'autre cause que celle de l'offre et de la demande. Nous ne disons pas que les faveurs politiques, dont la classe ouvrière a eu sa part dans les campagnes comme dans les villes, n'aient eu quelqu'action ; il est permis de supposer que le valet de ferme, enhardi par le droit de suffrage qui venait de lui être octroyé , se soit montré plus exigeant; toutefois, il serait non seulement bien malaisé de déterminer dans quelle mesure cette cause a pu agir sur la hausse des salaires, mais même téméraire d'aflBrmer hautement qu'elle ait eu ici un effet, car l'accession de l'ouvrier aux droits politiques a coïncidé avec l'événement économique qui , selon nous, a contribué pour beaucoup au renchérissement de la main-d'œuvre agricole : nous voulons parler de l'établissement des chemins de fer. C'est également vers le même moment que la culture, secouant ses habitudes routinières, entrait résolument dans la voie du progrès, et obtenait de ses auxiliaires une plus grande productivité de travail.

Quoi qu'en puissent dire certains esprits superficiels, ou même nos cultivateurs, intéressés à exagérer leurs charges, le travail agricole est devenu plus productif. Non pas que l'ouvrier soit devenu plus laborieux d'une manière générale ; non pas que sa force musculaire se

nomade. Les travaux agricoles, qui nécessitent une certaine concentration de main-d'œuvre, se font an moyen de ces bandes ambulantes {gang System), Celles-ci ont formé de 1872 à 1873, et sous Tinspiration de M. J. Arch, une immense coalition^ qui comprit un moment près de 100,000 ouvriers. — Ce mouvement aboutit à une élévation des salaires. M. Arch est aujourd'hui membre du Parlement Anglais.

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