‹ Les salaires au XIXe siècleChapitre 6 sur 66 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

« complet que ceux de ses concurrents. On y trouve une accu- « mulation considérable de faits, recueillis avec diligence, et • empruntés à tous les pays d*Ëurope^ aux Etats-Unis et à « TAustralie. Cette masse de faits sert de point d*appui à des « observations presque toujours justes et sensées.

« Ce mémoire a le mérite d'aborder directement et de pousc ser à fond la discussion de toutes les banalités déclamatoires € et de toutes les fausses théories qu'on a émises au sujet du « salaire. Il ne craint pas de soutenir la nécessité du salariat, « et il démontre péremptoirement qu'aucun mode d'associa- « tion ou de coopération des ouvriers ne saurait le remplacer. « Il demande avec raison comment certaines entreprises, « comme le percement du canal de Suez, qui a fourni du tra- « vail à tant d'industries et à tant de milliers d'ouvriers, au- € raient pu s'exécuter par le seul concours des bras qui y ont « été employés. Sans chercher des œuvres aussi colossales, <c sans sortir du modeste domaine des travaux agricoles, com- € bien d'opérations, plantations de bois ou de vignes, défrichen ments, drainage, exigent une avance de fonds immédiate et « ne donnent de résultats rémunérateurs qu'au bout d'un cer- « tain nombre d'années. Quant à la répartition des produits du « travail, l'auteur démontre avec sagacité qu'elle est loin d'être € désavantageuse aux ouvriers. 11 cite un des récents rapports (f de la grande usine des forges et fonderies du Creuzot, qui « constate que sur 20 millions de produits^ 4 seulement ont « servi à la rémunération de l'énorme capital engagé dans « cette entreprise, tandis que 15 millions ont été distribués en « salaires, et un million appliqué à récompenser l'intelligence « et le savoir des chefs de service, auxquels sont dus les succès « de rétablissement. Si la part du capital et de l'intelligence « était ajoutée à ce que reçoivent déjà les ouvriers, la part de « ceux-ci ne serait donc pas accrue dans une proportion aussi (( forte que les prédicants du socialisme le voudraient faire

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« croire ; et comment serait-il possible de suppléer à la dispa- € rition de ces deux éléments indispensables de toute produo- « tion ?

« Abordant ensuite Texamen de la condition des ouvriers, « le mémoire n® i donne des détails très précis et très complets € sur les salaires des ouvriers agricoles à diverses époques, en « France, en Angleterre, en Allemagne et aux États-Unis, et il « en fait ressortir cette conclusion que les salaires de Tagri- « culture ont partout augmenté plus rapidement et dans une « proportion plus forte que le coût des subsistances. C'est la « meilleure partie du mémoire : les chapitres consacrés à la « grande et à la petite industrie, bien que suffisamment traités, (c ne présentent pas la même abondance de renseignements.

« La démonstration d'une hausse générale des salaires, et « Texamendela condition actuelle des ouvriers, basé sur leurs « besoins et sur le taux de leur rémunération, amènent natu- « rellement Fauteur à discuter la célèbre loi d'airain et les « conséquences que Lassalle, Karl Marx, et tous les écrivains

• socialistes en ont tirées. La réfutation de ces doctrines fausses i et dangereuses est empreinte du même esprit judicieux et (( sensé que Ton constate dans toutes les parties de ce travail. « L'auteur établit que l'ouvrier n'a point devant lui cette « perspective désolante d'un salaire destiné à être fatalement

• réduit par la concurrence, et à devenir de moins en moins « suffisant à mesure que la richesse générale s'accroîtra Pour « lui, le salaire normal, qu'il distingue du salaire courant, « résultat d'influences accidentelles, est destiné à osciller entre « un minimum qui est le coût des choses indispensables à ■ l'existence, et un maximum qui provient de la plus-value « que l'expérience, l'habileté ouïe savoir de l'ouvrier peuvent

• donner au produit de son labeur. Il met avec raison la prof ductivité du travail au premier rang des causes qui exercent € sur les salaires une influence favorable aux ouvriers : peut-

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