‹ Les salons d'autrefoisChapitre 2 sur 6 · PUE FA CE. IX · texte numérisé non relu

PUE FA CE. IX

tureuses qui racontent au hasard, et de ces chroniqueurs qui

ne remontent jamais aux sources et pour cause. Ici nous

n'avons jamais à craindre ces périls. Madame de Bassanville est du monde dont elle parle, et ce n'est point par ouï-dire qu'elle connaît les salons où elle nous mène. Son caractère et son talent les lui eussent ouverts ; comme quelques autres, elle y fût entrée par la brèche, et Ton eût respecté chez elle le droit de conquête : mais elle avait aussi le droit de naissance : bonne précaution en attendant l'autre. Madame la duchesse de Laviano, sa belle-sœur, ambassadrice de Naples à Paris, la prit par la main, toute jeune, et la conduisit à la princesse de Vaudemont. Son père était l'ami intime d'isabey: les deux hommes s'étaient liés dans l'intimité aimable et facile de la Malmaison ; l'aimable enfant, qui joua avec le crayon avant de se servir de la plume, esquissa des bonshommes sur les carions d'isabey. Un des oncles de madame de Bassanville qui avait fait la campagne d'Egypte, et partagé avec Bourrienne les bivouacs du général Bonaparte, n'eut pas besoin de son crédit d'ambassadeur pour faire de sa nièce une des habituées de la maison très-hospitalière de l'ancien secrétaire intime du premier Consul, du ministre du Roi. Quant au salon de madame de Rumfort, les alliances de la comtesse avec les grandes familles parlementaires de la Provence, les Forbin- Janson, les Portails et les Mirabeau, lui devaient rendre inutile l'intervention de tout introducteur. Elle entrait de plainpied.

La voici donc dans ce monde d'élite, souverainement intelligent, un monde à part, exceptionnel dans notre histoire, qui

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