LA DUCHESSE DE LUXEMBOURG
Tressan,qui lui valurent un vigoureux soufflet. Devenue veuve, elle avait donné à Tun de ses amis, le maréchal de Luxembourg, Tordre de répouser. Alors, elle pensa à Jeter au feu tout son passé, ne gardant pendant quelque temps en dehors que le duc de Richelieu. Elle se fit bonne femme et devint l'arbitre souveraine du goût. Elle acheva de se faire pardonner son passé par Texcellente éducation qu'elle donna à sa petite fille, mademoiselle de Boufflers. Elle la fit son héritière, et, malheureusement, la maria avec le héros de la légèreté, le duc de La'isun-Biron qui ne descendait point de nom par de Gaumont le Lauzun du temps de Louis XIV. La trouvant maussade, il ne la pouvait souffrir et la rendit très malheureuse, malgré toutes ses grâces, ses vertus et le sincère amour qu'elle lui portait et qu'elle avait la dignité de lui cacher. J.-J. Rousseau qui, dans ses confessions, la peint à l'âge de onze ans, en fait un portrait touchant :« C'était, dit-il, une charmante personne. « Elle avait vraiment une figure, une douceur, une timidité de Vierge.)) Riende plus aimable et déplus intéressant que sa figure, rien de plus tendre et de plus chaste que les sentiments qu'elle inspirait. ))
Madame Necker, dans sa première jeunesse, avait tracé de la jeune Madame de Lausun un portrait délicat, qu'elle terminait ainsi : « Les portraits d'imagination sont les seuls qui lui ressemblent. » Elle la recommandait, comme une vierge orpheline à son bon ange gardien. « O vous, ange protecteur, s'écriait-elle, à qui le ciel a confié les jours et les vertus de sa chère Amélie, ange qui vous attachez à ses pas au milieu des dangers dont elle est environée, faites qu'elle acquière encore de nouvelles vertus et de nouveaux charmes ; secondez ses touchants efforts, et hâtez ses progrès vers la perfection. » Hélas ! la délicieuse duchesse qui n'avait pas cessé d'être un modèle, fut subitement arrêtée dans la vie par la Terreur.
On dit de la duchesse de Montmorency que quelquefois, mais rarement, elle reprenait des accès de son ancien caractère: elle devenait moqueuse et sarcastique à outrance ; c'était un sauve-quipeut général. Dans tous les cas, elle régnait sur la société, à cette époque où les femmes régnaient et gouvernaient. « Elles ont tellement pris le dessus, chez les Français, dit Collé dans ses mémoires, elles les ont tellement subjugués, qu'ils