‹ Les salons de conversation au dix-huitième siècleChapitre 15 sur 60 · MADAME DE LAMBERT 4I · texte numérisé non relu

MADAME DE LAMBERT 4I

L'œuvre tomba entre les mains de Fénelon qui en fut fort frappé. « Tout m'y paraît, écrivit-il à Tavocat de Sacy,. le traducteur des Lettres de Pline le jeune, exprimé noblement avec beaucoup de délicatesse. Ce qu'on nomme esprit y brille partout ; mais ce n'est pas ce qui touche le plus. On y trouve des sentiments et des principes; j'y vois un cœur de mère sans faiblesse, l'honneur, la probité la plus pure, la connaissance du cœur des hommes.... Jugez, monsieur, par l'impression que cet ouvrage a faite sur moi ce que je pense de cette digne mère. » L'âme de l'évêque de Cambrai était faite pour comprendre ce qu'il y avait de cœur chez madame de Lambert. Cette conformité de sentiment les rapprocha. Elle eut d'autres amis dignes d'elle. Dans ses réunions paraissait de temps à autre la duchesse du Maine, et fréquentaient, \e jour, Fontenelle et Lamotte- * Houdar, le président Hénault, DortousdeMairan, M. de Valincour, le marquis d'Argenson , les abbés de Chaulieu, de Choisy, Montgault, Fraguier, Trublet et de Bragelonne, le père Bufïier les frères Boivin, M. de Sacy, Terrasson, Trudaine, le comte de Plélo, la maréchale de Villars, madame d'Aulnoy,madame de Murait, madame de

Fontaines, mademoiselle de Launay, baronne de Staal; madame de Caylus, Catherine Bernard, la nièce de Fontenelle ; et madame Dacier, qui, au dire de Madame de Lambert savait associer rérudition aux bienséances, elle profita de Toccasion pour discuter avec Lamotte sur la précellence des anciens. Madame de Lambert travailla avec M. de Valincour, à les réconcilier. On eût un dîner de paix ; on but à la santé d^Homère, et tout se passa bien.

On vit encore se presser à Penvi chez la marquise, la présidente Dreuillet et parfois la charmante actrice, Adrienne Lecouvreur; le soir, d'autres personnages, littérateurs plus gais, au milieu desquels elle demeurait toujours la même, bien qu'ils dépassassent quelquefois les bornes qu'elle mettait aux explosions de leur gaieté. Hénault était des deux réunions, dogrrjatisait le matin et chantait le soir. C'est par madame de Lambert, académicienne in jpartibus, comme l'appelle M. de Lescure, qu'il fallait passer pour de venir un des quarante. Au dire de M. d'Argenson, elle avait fait la moitié des académiciens.

Elle l'avait engagé à se présenter, l'assurant qu'il serait reçu. C'était un de ses meilleurs amis,

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