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LA MAISON DE MADAME DOUBLET II

La Paroisse, un peu effarouchée, se tut pour quelques jours. Mais la langue lui démangeait, et le valet de chambre-secrétaire, pris en flagrant délit de distribution de cahiers manuscrits, paya pour elle en 1762, et fut mis en prison. Et la paroisse de rire. Assemblées, registres, sottisier, nouvelles à la main, chronique littéraire et politique n'en allèrent pas moins leur train, comme de coutume, faisant concurrence, sous le règne suivant, après la chute du duc de Choiseul, au comte de Maurepas, pour qui le naïf ministre, Amelot de Chaillou, qui fut cependant de l'Académie française, ramassait dans Paris tous les couplets et opuscules grivois que faisait naître la licence de certaines plumes. Un petit bureau avait été institué ad hoc par les soins du ministre. Les auteurs de facéties venaient là en donner lecture. Derrière eux, on en faisait un choix pour Tégaiement du mentor du jeune roi. Tout cela entrait dans la composition du fameux recueil qui porte le nom de Maurepas à la bibliothèque nationale et constitue Tun des sottisiers les plus riches et les plus curieux qui aient ^été formés pour rhistoire de la gaieté pornographique et du scandale. Les mémoires secrets pour servir à

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l'histoire de la république des lettres en France ^<\m ont pris le nom de Mémoires de Bachaumont, formés d'extraits des registres, vont de janvier 1772 à janvier 1787. C'est une source inépuisable d'informations curieuses, dont Laharpe dit beaucoup de mal, parce qu'il y est fort maltraité. Beaumarchais,qui y est plus maltraité encore, se bornait à hausser les épaules et dédaignait le qu'en dira-ton? Il s'était formé des pamphlets écrits contre lui une bibliothèque qu'il appelait «le piédestal de sa statue. » Si je ne dis pas autant de mal des Mémoires secrets qu'en a pu dire Laharpe, ce n'est pas que je ne me méfie souvent de ces cailletages parfois pareils à tous ces bruits impertinents que, de nos jours, le matin voit éclore et le soir mourir, qui jettent à tort et à travers au désœuvrement du monde le bien et surtout le mal, le vrai et surtout le faux, s'abîment dans la diffamation et parfois dans la calomnie ; passe encore ■ pour la médisance.

«Tout faiseur de journaux doit tribut au malin», a dit La Fontaine, mais, il faut le reconnaître, Bachaumont a beaucoup de mauvais propos, et s'il a l'inconvénient des recueils de cette nature, celui d'enregistrer un peu trop à la volée les

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