‹ Les salons de conversation au dix-huitième siècleChapitre 4 sur 60 · MADAME DE SÉVIGNÉ · texte numérisé non relu

MADAME DE SÉVIGNÉ

Coulanges, et M. de la Rochefoucauld étaient pre'sents.

Madame de Sévigné, dès après son veuvage, était entourée d'une foule de seigneurs et d'alcovistes empressés : le duc de Rohan, le comte du Lude, le marquis deTronquedec. A ces seigneurs se joignaient les anciens amis de sa jeunesse : Marigny, Ménage, Bussy-Rabustin, son parent, de Retz, le parent de son mari ; puis Montmorency, Brissac, le président de Bellièvre, Montrésor, le comte de Chateaubriand, Caumartin, l'officieux d'Hacqueville, Corbinelli, Bussy-Lameth, d'Argenteuil, d'Humières, le marquis de la Sablonière, l'écossais Montrose et les officiers qu'il avait amenés après la mort de Charles I*"". Telle était alors la société habituelle, avec les femmes les plus distinguées de la cour. La même société s'augmenta encore autour d'elle. Mais elle ne fonda pas un bureau d'esprit; elle causait avec aisance et charme ; et plus tard ses conversations furent ses adorables correspondances, œuvres éminentes d'une femme qui ne fut point auteur, mais qui n'en sont pas moins un assemblage des plus belles fleurs de notre langue.

Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, mariée

lO LES SALONS DE CONVERSATION

en i655, au comte d,e La Fayette, avait eu, comme Madame de Sévigné, Ménage et le père Rapin pour lui enseigner le latin, et sa sagacité lui avait révélé le secret d''un passage d''Horace sur lequel ces deux savants n''étaient pas d'accord. De plus, Ménage les rendit toutes deux familières avec ritalien et Tespagnol. Madame de La Fayette reçut à sa résidence de la rue de Vaugirard, près des jardins du Luxembourg, une société nombreuse et choisie d'hommes de cour et de gens de lettres, parmi lesquels La Fontaine, qui avait dans sa destinée de posséder des femmes célèbres pour amies et pour bienfaitrices, était devenu un de ses fréquents visiteurs. Rien de plus connu que Textreme liaison de Madame de La Fayette avec le duc de La Rochefoucauld, Fauteur des Maximes. Elle dura vingt-cin qans, et la mort seule y mit fin, en 1680. « Ils étaient nécessaires Tun à Pautre, » disait Madame de Sévigné. Madame de La Fayette ne savait plus que faire d^elle-même, après cette mort. « Tout le monde se consolera, hormis elle, ajoutait la marquise. La pauvre femme est tellement abattue de la perte de M. de La Rochefoucauld qu'elle n'est pas reconnaissable. » Elle survécut cependant dix années à cette

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