DE M. DE LA.NCY
los temps modernes, tels que Socrate, Âristole et Platon, ont accepté ces folles croyances et ce culte déraisonnable, si l'on ne devinait sous les fabuleuses créations de la mythologie un sens caché d'une nature sublime qui pouvait satisfaire des esprits d"uu ordre aussi élevé?
Le désir d'être initié aux pensées de ceux qui vécurent dans des époques différentes de la nôtre excite donc toujours notre curiosité et notre intérêt quand nous nous trouvons aux lieux où ils habitèrent.
La réunion de M. de Lancy était moins animée et moins intime quand elle eut quitté la vieille abbaye ; pourtant c'était encore et ce fut toujours les mêmes amis... Ce bon M. Avenel, ce savant .M. Ferdinand Denis, notre excellent docteur Saint- Germain, si distingué de cœur et d'esprit, M. Patin, le général de la Rue, MM. libelle et Eugène Loudun, tous gens d'esprit qui apportaient là leur bonne et aimable amitié. Puis, parmi les visiteurs moins intimes, l'on voyait aussi C... B..., auteur de quelques comédies en vers représentées avec succès, mais qui ne parvinrent cependant pas à lui ouvrir les portes de l'Académie, aux(juelles il
ir-O LE SALU.N
frappa vainement. Il avait une snigulière habitude, c'était d'user son temps, ses pas, son crédit, pour demander pour lui-même toutes les places de ses amis ; il demanda un jour celle de M. de Lancy, dont il était le subordonné à la bibliothèque Sainte-Geneviève. M. de Lancy le sut, et toute sa société en fut instruite ; aussi riait-on dans tous les coins du salon quand cet excellent M. de Lancy, qui le recevait malgré cela, lui faisait réciter quelques scènes dune comédie où il flétrissait dans un jeune homme pressé de parvenir une intrigue du même genre contre un ami : les vers n'étaient pas bons, la pièce non plus, elle fut refusée; mais elle servit parfois la très-innocente petite vengeance de M. de Lancy, qui se borna à lui faire réciter quelquefois chez lui cette scène, qui nous amusait beaucoup par la singulière situation qu'elle faisait à l'auteur.
M. (le Lancy avait écrit dans des revues et dans des journaux de très-bons articles d'économie [lolitique et d'administration, mais sans jamais y mettre son nom, et sans jamais en lien retirer (|ii(' resjioir d'être utile. 11 pl;ii>;uitait avec espi'it sin- ce que les écrivains retiraient plus on moins