‹ Les salons de ParisChapitre 18 sur 23 · DU VICOMTE D'ARI.INCOLP.T. 'IV · texte numérisé non relu

DU VICOMTE D'ARI.INCOLP.T. 'IV

l'une de ces soirées, voyant mon regard se fixer involontairement sur ce rassemblement d'insignes merveilleux, il me dit en passant :

— J'en attends encore deux.

Mais il ne se fâcha pas de ce que je ne pus retenir un élan de gaieté.

C'était un excellent homme, dont la vanité n'avait rien d'hostile, rien de dédaigneux. 11 montrait une joie d'enfant saturé de jouets, tout épanouie, toute bienveillante, toute gentille. Il a fait un livre intitulé V Étoile polaire, destiné à louer tous ceux qui l'inNilaient à des fêtes; c'était l'apothéose de tous ceux qui l'ont décoré.

Son dévouement à ses opinions légitimistes fut complet et constant. 11 allait à l'étranger faire sa cour à la royauté exilée, il y était reçu en ami du malheur et retenu avec bonté. En quittant Frosdorff après un séjour de deux semaines, il disait àM. A...

— Que je plains ces molheureuses princesses ! Cela n'étonna point l'interlocuteur, les exilés

sont bien à plaindre ! Mais il ne put retenir un mouvement de surprise lorsque d'Arlincourt ajouta :

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— Comme elles vont s'ennuyer à présent que j'ai quitté le palais. Car depuis quinze jours je leur lisais mes ouvrages tous les soirs !

Voilà pourquoi il les trouvait à plaindre !

Les réunions qui eurent lieu chez d'Arlincourt étaient donc du nombre de celles qui peuvent s'intituler : Soirées de vanité.

Il y en a beaucoup comme cela dans Paris. Madame Récamier y excellait ; et ce n'est pas un art facile que celui de réunir au même lieu, à jour lixe, des gens illustres! Les glofieux de notre temps ne se soucient guère, en général, de la gloire des autres ; ils la fuient quand ils ne la nient pas. Chaque écrivain célèbre dresse son petit autel à part, où il n'admet que ses dévots. Se trouver avec ceux qui partagent l'attention du public ne leur plaît pas. Les soleils ne doivent pas se rencontrer, et c'est avec peine qu'on parvient à mettre un grand nombre d'astres dans le même horizon. Leurs rayons ne vont-ils pas être éclipsés, amoindris, obscurcis par les rayons rivaux? Il est vrai que, dans ces salons où ils sont appelés, ils ne sont pas mis en contact, et qu'il est impossible que leurs idées se heurtent dans de pareilles soi-

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