‹ Les saltimbanquesChapitre 10 sur 16 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

« Tiens! s’écria Hermine tout à coup en faisant un retour vers le passé, il y a aujourd’hui dix ans que nous manquions mourir dans la neige, Sylvain et moi, en fuyant Mosco et Stella pour revenir auprès de notre mère, où le bonheur nous attendait. »

En ce moment, une femme du village vint avertir Maria que ses secours étaient nécessaires à un malheureux qu’on avait ramassé sur la route, presque mourant de faim et de froid.

Il était d’usage qu’en de telles circonstances on eût recours à la charité de la veuve, qui ne se faisait jamais prier.

En effet, Maria se leva aussitôt et fit signe à ses filles, qui l’aidaient toujours en pareil cas. Elle recommanda à ses hôtes de se mettre à table, pour ne pas lui faire regretter son absence; mais les jeunes gens du moins voulurent absolument l’accompagner, en disant qu’ils rapporteraient le malheureux à la maison, pour faciliter la tâche de Maria et de ses filles.

Toute cette bonne famille était attendrie déjà par la situation du pauvre voyageur, en souvenir de la détresse analogue dont Hermine et Sylvain avaient souffert autrefois, lors de leur retour à Combe-Fleurie.

Quel ne fut pas l’étonnement de ceux-ci lorsqu’en arrivant auprès du malheureux ils se trouvèrent devant Mosco le saltimbanque.

Hermine ne put retenir un cri de surprise, qui attira sur elle l’attention de son ancien maître. Il reconnut tout de suite son élève favorite, malgré les années qui avaient changé en belle jeune fille la jolie fillette dont il était si fier quand il la présentait au public.

« Quel bonheur de vous revoir, mon enfant! s’écria-t-il avec feu tandis qu’une lueur de joie illuminait son visage décomposé par la souffrance.... Je bénis le ciel de m’avoir permis d’arriver jusqu’à vous avant de rendre le dernier soupir. C’est dans ce but que je me suis mis en route, malgré ma faiblesse et ma décrépitude.... Maintenant je puis mourir !... je ne me plaindrai pas!... Mais, avant de partir pour mon dernier voyage, qui terminera ma vie errante, je tenais à vous demander pardon de la peine que je vous ai faite en contrariant les goûts de votre frère.... 11 y avait de ma part plus de sot entêtement que de méchanceté, croyez-le bien!... Après votre départ, dont je m’accusais, je vous ai beaucoup regrettée; puis j’ai su que vous aviez trouvé la fortune et le bonheur que vous méritiez, et je m’en suis bien réjoui. »

Hermine avait les larmes aux yeux en enten-

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