‹ Les saltimbanquesChapitre 7 sur 16 · TOURMENTE AU GRAND- SA TNT-BERNARD · texte numérisé non relu

TOURMENTE AU GRAND- SA TNT-BERNARD

« Cherchez Sylvain!... » leur dit-elle.

Mais justement elle crut l’entendre alors aune certaine distance.

« Mine! es-tu là? disait-il,... je ne t’aperçois nulle part. »

Les chiens étaient partis à sa voix et revinrent bientôt avec lui.

Il s’était remis de son étourdissement un peu plus tard que sa sœur, et à ce moment il avait éprouvé une inquiétude analogue à celle d’Hermine.

Dans leur joie de se voir réunis, il leur semblait maintenant qu’ils n’avaient plus de malheur à redouter.

Ils ne tardèrent pas à perdre ces nouvelles illusions.

Se tenant par la main, ils avaient repris leur marche pour tâcher de rattraper le sentier, dont ils avaient été chassés d’une façon si violente. Ils allaient au hasard, sur la neige immaculée qui s’étalait toujours autour d’eux comme un tapis de velours splendide; en vain ils cherchaient sur cette blancheur éblouissante les vestiges d’un chemin quelconque; rien ne venait leur révéler l’existence de celui qu’ils avaient suivi déjà. Du blanc, toujours du blanc, partout du blanc : dans l’air qui les entourait, aussi loin que pouvaient aller leurs regards, en haut, de tous côtés, jusqu’à leurs pieds, d’où rayonnait, jusqu’à perle

de vue, la couche épaisse et molle déposée sur

le sol.

C’était fatigant et énervant à la fois d’errer ainsi dans la neige, à l’aventure.

A chaque instant un obstacle arrêtait leurs pas : une fondrière, un talus ou une pente trop raide. Alors ils devaient faire un détour, aller à droite, à gauche, connue cela se pouvait, en se disant toujours : «Nous allons peut-être retrouver notre sentier par là ».

Ils interrogeaient les chiens, qui n’étaient pas plus habiles qu’eux. Mais comment auraientils pu apercevoir quelque chose ou sentir une piste, quand le vent leur chassait continuellement de la neige dans les yeux et dans les narines? Car la tempête continuait, plus forte que jamais, et faisait un bruit épouvantable.

Mais, tout à coup, ce vacarme fut dominé par un roulement formidable et continu, ressemblant à celui de la foudre, quoique moins éclatant.

Épouvantés, les orphelins s’arrêtèrent une minute, croyant sentir la montagne s’ébranler sous eux. Les chiens avaient peur aussi et poussaient des cris plaintifs, en tremblant de tous leurs membres.

Qu’allait-il arriver?... quelque chose d’horrible, assurément!...

Hermine ne fut pas longtemps à le deviner*

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