‹ Les samedis littéraires (volume 3)Chapitre 7 sur 15 · ARMAND MAROUISET, SOUS-PREFET · texte numérisé non relu

ARMAND MAROUISET, SOUS-PREFET

sous-préfecture par patriotisme. 11 faut croire Marquisat, car l'âme de Marquiset est loyale. Estce par patriotisme aussi qu'il juge immédiatement son préfet avec une sévérité extrême. Son préfet s'appelle Pons de l'Hérault. C'est un excellent père de famille. Mais < il est loin de posséder le mérite et la tenue qu'on devrait exiger dans les préfets du jour. » On ne croit guère ce qu'il dit. « M. le préfet du Jura passe son temps à écrire en style lourd et ampoulé des circulaires qu'on ne lit pas et dont il remplit chaque semaine les feuilles de son mémorial. Il aime beaucoup aussi les proclamations et, en ce genre, il n'est pas toujours heureux, M. Pons est trop habituellement dans l'exagération pour être d'accord avec le jugement et avec lui-même. » Ainsi est apprécié le préfet par le sous-préfet. Nous n'avons pas l'appréciation du préfet sur le souspréfet.

Lesous-préfct est certain que ce jugement serait fort bon. En effet, Armand Marquiset connaît ses propres mérites. Seulement, la fortune ne le ■ opise pas. C'est ainsi qu'en 1831, son préfet Missionnaire le désigne pour lui succéder. « 11 écrivit donc à M. de Monlalivel une lettre très chaleureuse à mon égard et je partis pour Paris mnni de cette précieuse dépêche. » En arrivant à 'ves, Marquiset entre au café, ouvre le 3/oni-

ur. U apprend que le ministre .Montalivet est r inplacé par Cisimir Périer. Pas de chance ! ' n^imir Périer le reçoit néanmoins et lui dit . - l'ai des cugagemon''^ -^'■•'•■••nv avec h* Conslilu-

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tionnel pour la première préfecture vacante. » Marquiset répond : « Mais, monsieur le ministre, si vous faites préfets les rédacteurs des journaux qui déclarent la guerre au gouvernement, ne craignez-vous pas que la presse ne devienne pour vous une sorte d'hydre de Lerne qui doublera ses têtes à chaque vacance d'une préfecture! »Le beau langage... Langage des temps. Marquiset parlait d'ailleurs raisonnablement. Mais il ne fut pas nommé. M. Léon Thiessé le fut, ancien rédacteur au Constitutionnel. « Je vécus en forts bons termes avec M. Thiessé qui, le 10 septembre 1831, envoya à Casimir Périer des notes trop flatteuses à mon endroit ; elles furent appuyées quelque temps après par une lettre charmante de l'excellent général Delort et le résultat fut... que le ministre m'oublia complètement. » Pourtant, s'étant brouillé avec son préfet qui était alors M. Thomas, ancien commis des magasins de nouveautés des Deux Magots, ancien facteur à la Halle au beurre de Paris, Marquiset fut nommé chef de bureau au ministère de l'Intérieur. .. Il y resta quelques années. Puis il prit sa retraite. Médiocre carrière I

Lorsque l'historien Frédéric Masson nous présente le comte de Plancy, préfet de l'Empire, il nous montre sa beauté intellectuelle et morale et proteste qu'aujourd'hui on n'a plus idée de cela dans les préfectures. Le comte Marquiset pubUant les souvenirs de son grand-oncle a un sens plus exact de l'humanité préfectorale. Il est bien certain que rien n'a c'iangé depuis cent ans.

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