‹ Les samedis littérairesChapitre 4 sur 24 · PRÉFACE XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XIII

N'allons pas dédaigner les efforts de quelques débutants comme M. Jean Schlumberger analyste puéril et subtil, ou 31. Paul Ballagu/y ^l feuilletoniste » habile à conter açec çerç>e des histoires plus mélodramatiques que dramatiques, mais recherchons avec toute la déférence que Von doit à des débutants inconnus, si un soin plus constant de la langue française n aurait pas rendu leurs efforts plus utiles à eux-mêmes — et à la littératare.

M. Jean Schlumberger entreprend non sans audace de prouver que les âmes sont condamnées à la solitude malgré l'amour si fort pour les rapprocher, et qu'il existe un mystérieux Mur de Verre qui sépare les personnalités, une barrière infranchissable entre ceux qui ne sont pas simples de cœur.

C'est un grand sujet, comme dirait Renan.

M, Jean Schlumberger a voulu s égaler à son sujet. Noble ambition. Mais il a voulu exprimer avec complication des pensées déjà compliquées. Nous sommes au plus haut point intéressés par mn patient travail de psychologie,.. Mais d'abord nous comprenons le plus péniblement du monde : « Un auteur, dit Chamfort, peut s énoncer très clairement pour lui-même et malgré cela être obscur pour son lecteur. Cela vient de ce que V auteur va de la pensée à l'expression, tandis que le lecteur est forcé d'aller de V expression à la pensée, » D'ailleurs est-ce que M. Jean Schlumberger Ci plus favorisé que ses lecteurs ? Est-ce qu'il se Ci prend bien lui-même à chaque page, à chaque p use ? Il aurait vraiment trop de chance et trop d "pénétration!

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