‹ Les sanctions de l'arbitrage internationalChapitre 15 sur 96 · Livre II, chap. I · texte numérisé non relu

Livre II, chap. I

matériels, et ici encore, il étend sa distinction aux guerres publiques comme aux guerres privées \ Ce qu*il justifie en droit, il le condamne en morale et il n'échappe pas, malgré l'élévation de son esprit et la noblesse de son cœur, au lamentable jeu de contradictions et d'incohérences qui a été le fait de tous ceux qui ont voulu déduire le droit international du droit naturel, et qui ont cherché dans le droit de la guerre les termes et les conditions du droit de la paix. Le préjugé de la souveraineté n'a pas, au cours des siècles, produit de conséquence plus absurde que celle-là.

Sous prétexte qu'il n'y aurait pas de loi supérieure aux nations, vouloir chercher les règles de la conduite internationale dans les pratiques suivies par les hommes avant l'établissement du droit interne ; — parvenir à justifier par les lois de la nature toutes les violences et tous les abus, et les désavouer ensuite au nom (les vertus affectives ou des sentiments religieux ; — dire aux hommes : a Tout vous est permis, mais il faut vous « comporter comme si tout vous était défendu. Vous « avez tous les droits, mais il est de votre dignité de n'en « pas user ou de n'en user qu'avec modération »; — élever, par coquetterie scientifique, sa doctrine sur le fait et être obligé de reconnaître ensuite que le fait est bratal et que rien de brutal ne demeure ; — multiplier aux dépens de la logique les exceptions que commande le sentiment et maintenir néanmoins la règ'le dont on redoute les ap- |)licalions. Voilà le sort fatal de tous ceux qui s'appuient sur la théorie surannée du droit naturel.

La loi ne peut avoir comme idéal l'état de ceux qui

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