Année 1901, n«|du 10 août
bitrage. Une sanction est à leurs yeux une contrainte, et ils ont un tel souci de la liberté humaine et de Tinviolabilité individuelle, qu'ils repoussent toutes les contraintes même les plus adoucies. Si vous leur demander sur quelles influences ils comptent pour assurer Texéculion des sentences arbitrales, ils n'hésitent pa-s à vous répondre qu'ils s'api)uient uniquemoni sur le développement de Tespril de frateniité, sur le respect d'autrui. sur le sentiment des égards dûs par chacun de nous aux collectivités comme aux indivichialités étrangères, ou plus exactement encore sur les progrés de l'amour chrétien*.
Le « candide pouvoir de l'amour » disent des vers anglais ' que citait, au congrès de la Paix de 1900, M. Evans Darby, le sympathique et infatigable secrétaire général de la Peace Society ', et c'est en ce candide pouvoir que l'orateur plaçait toute sa confiance.
Est-ce trop de confiance ? Nous ne nous permettrions pas de le dire. Il ne faut pas confondre les idéalistes avec les idéologues. Ceux-ci sont des utopistes, ceux-là sont des prophètes, et l'avenir leur appartient. Mais cet avenir est peut-être lointain, et nous ne pouvons ajourner
1. Notez, par exemple, ce passage d'Evans Darby : Chrislianily rises into that hiphest reg-ion whlch is siiperior to formai command and phj/sical sanctions, and becomes Ihe absolu te social idéal lo which aU olher deads must conform or fail.