‹ Les sanctions de l'arbitrage internationalChapitre 27 sur 96 · J. Bryce, Holy roman empire, cbap. IX · texte numérisé non relu

J. Bryce, Holy roman empire, cbap. IX

3. Bwêai hUloriqae lur la puiuanee temporelle de* papet, p. 80.

4. U. FiloJi, Du pouvoir tpirituel dan$ Mt rapports avecl'Etatfp. iT,

appliquée au contrôle des pouvoirs terrestres non seulement par ambition, comme aux jours de sa faiblesse, mais par amour de la paix et par zèle pour la souveraineté de Dieu, Rome se fait de sa mission une conception plus idéaliste qu'à toute autre époque de l'histoire. Elle cherche vraiment à régler par le droit divin les rapports des souverains entre eux ', et si elle appelle de tous ses vœux la guerre contre les infidèles, cette guerre-là est la seule qu'elle admette. Elle provoquera le mouvement enthousiaste des croisades ; elle stimulera les sentiments chevaleresques, l'esprit de sacrifice, le noble et fol amour des pierres du Saint-Sépulcre; mais, au nom même de ce devoir commun de prosélytisme et de guerre sacrée, elle ne tolérera aucune rivalité belliqueuse entre les souverains. Elle veut leur imposer la paix de Dieu comme elle a imposé la trêve de Dieu aux seigneurs féodaux *. Et la sanction, qui domine cette politique et ce prosélytisme et ces expéditions lointaines et cette foi, reste toujours la même. C'est l'excommunication.

Une grande figure illumine toute cette époque si déconcertante par ses contradictions, si captivante par ses efforts et par ses espérances : celle du moine Hildebrand devenu pape sous le nom de Grégoire VII. Il s'affirme pendant douze ans comme l'arbitre de l'Europe. Les vassaux saxons d'Henri IV, mécontents de la corruption de ses mœurs, se sont révoltés contre lui. Le

1. Funck-Brentano et Sorel, Traité du droit des gens, p,477-478. Voir aussi Heffter, Le Droit international de VEurope (trad. Bergson^

2. E. Lavisse, Vue générale sur Vhistoire politique de l'Europe^

p. 23 et s.

Pape lui reproche d'autre part san trafic des dignités ecclésiastiques. Henri IV est cependant vainqueur de ses vassaux à Hohenbourg, en 1075. C'est le moment que Grégaire VII choisit pour le citer devant lui. L'empereur résiste et prétend faire déposer le Pape par la diète de Worins. Grégoire Vil l'excommunie, et sa formule d'excommunication, prononcée au Vatican en présence de la mère de l'empereur, manifeste d'une manière saisissante la supériorité de la sanction morale sur la résistance armée. D'un côté, en effet, on voit le principal représentant de la puissance civile, doublement sûr de son inviolabilité au lendemain d'une grande victoire ; et, en face de lui, un pontife qui, malgré l'énergie de sa volonté et de son caractère, n'avait pour tout appui que l'alliance sentimentale de la comtesse Mathilde, et venait d'être saisi et emprisonné dans sa propre ville au cours de la conspiration de Censio. Mais la terreur d'un anathème suffisait à paralyser tous les courages, et Grégoire VII n'eut qu'à ouvrir la bouche pour réduire son adversaire à l'impuissance. Ecoutez-le : « De la part de Dieu tout (• puissant et de ma pleine autorité, je défends à Henri, <( fils de Henri, de gouverner le royaume leutonique et « l'Italie ; j'absous tous les chrétiens des serments qu'ils c( lui ont fait ou lui feront. Il est interdit à toute personne « de lui rendre aucun service comme à un roi ^ » Aussitôt les sujets d'Henri l'abandonnaient ; on fuit sa présence ; on redoute la vue même de ses drapeaux, et une diète assemblée à Tibur déclare que s'il n'obtient pas l'absolution du Pape dans un délai déterminé, on lui désignera un successeur. Et c'est alors qu'on vit le César

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