Floury, Histoire ecclésiastif/ue, Hv. LXXVI à LXXIX
Voir aussi Paul Janet, Ilisfoiro de la science politique, t. I, p. 384.
en que Jean sans Terre, Innocent III se trouve ïr fie la défaite de deux excommuniés par la vic- Iroisième. L'opinion attentive devait bien se <lirc valeur comminatoire des anathèmes était p'us que jamais. ]>uisque malgré dee échecs tempofîome reprenait toujours le dessus.
! à Innocent HI, les pillages pratiqués à Constaiipar les croisés trouvent un titre d'excuse lians 'texte religieux, et ce pape, qui prend volonliei"s lur le sucrés, y voit la volonté de Dieu. Proliant icnl du iu'e-t!!.'i' désormais inliércnt au seul titre ^adc, Innocent III ]u-éclia aloi-s la guerre santé ilement contre les Albigeois et autres héréliqies t relever de sa juridiclion, mais aussi contre, tous li résistaient à la prétention qu'il avait de juger fférends. De ce nombre turent les Hongi'ois, doit ensions violentes ne cédèrent qu'à l'influence œ si.
r Deo, major homine ! Ces paroles exprimeni pensée intime de celui qui fut pendant dix-huit naître de l'Euiope. et qui, soit comme juge, soit souverain, ne triompha de l'esprit de division, de 011 de scliismo que pai- la craint*; de ces sanctions nquisilion naissante vint renforcer la rigueur '. successeurs <rinnocent III - Hononus lïl, Gré- X et Innocent IV — concentrèreni surtout sur ic II leur esprit de domination. A lui seul Gré- X l'excommunia au moins quatre fois, et ce n'est e des moindres surprises de l'histoire que de voir
n effet, [nnocfnt lîl qui nommn, on 1215. le pi-em inl Dominique.
le pieux Saint Louis prendre fait et cause pour Tincrédule empereur contre le chef de la chrétienté et rappeler à celui-ci qu'il ne pouvait intervenir légitimement que comme médiateur. Le roi de France, par son exemple personnel, montra ce que la papauté aurait dû réaliser d'une manière continue si, ayant eu moins soif de pouvoir temporel, elle avait eu la sagesse de s'en tenir à son rôle d'arbitre \
Actif et habile dans l'administration intérieure du pays, plein de sagesse dans ses conseils et d'un désintéressement absolu, Saint Louis s'éleva au niveau des plus hautes conceptions de la justice inlemationale le jour où il restitua à l'Angleteri'e les pj'ovinces confisquées à Jean sans Terre par Philippe-Auguste. Il sut accorder le duc de Bretagne avec le roi Thibaut, le comte de Chalon avec le comte de Boiirgogncî, le comte de Luxembourg avec le comte de Bar, le comte de Bar avec le duc de Lorraine ^. Il apaisa par son arbitrage le différend qui était survenu entre le roi d'Angleterre et ses barons *. Le pape, s'il l'eût écouté, n'eût pas poussé jusqu'aux dernières limites sa lutte contre Frédéric II : il n'eût pas convoqué le concile de Lyon ; il n'eût pas déposé solennellement, après une excommunication de plus, un empereur dont le concours lui était plus indispensable ([ue jamais pour les croisades qui l'estaient son princij)a] souci.
L'excuse de Oi-égoire IX et «l'Innocent IV est sans doute qu'en dehors de leinM^rainlc instinctive des Ilohenstaufen, il leur était impossible de tolérer que les Etats
i. Cf. Chateaubriand, Le rjénie du christianisime, t. Il, ch. Xî.