WaUon, loc. cit., t. Il, p
pontificaux fussent entourés de tous côtés par TEmpire, ce qui était le cas depuis que Frédéric II retenait Naples et la Sicile et avait installé à Lucera une armée de Sarrasins sur lesquels l'excommunicalion n'avait pas de prise. Il faut ajouter que le pape, tout en répétant que les autres souverains devaient lui soumettre tous leurs litiges, restait convaincu qu'il pouv^ait lui-même décider et agir sans contrôle pour tout ce qui concernait sa propre cause. Ses lumières étaient infaillibles et au-dessus de lui il n'y avait que le Juge suprême dont il se croyait le vicaire.
Boniface VIII est élu pape en 1294. Alexandre III, roi d'Ecosse, était mort en 1286 sans descendance, et sa couronne était convoitée par Robert Bruce et par John Baliol. Le roi d'Angleterre, Edouard I, avait fait couronner Baliol à condition qu'il accepterait sa suzeraineté. Les Ecossais en appellent au pape qui ne trouve qu'un moyen de prouver que l'Ecosse n'est pas fief de TAngleterre, c'est de soutenir qu'elle est fief du Saint-Siège : on accuse môme Boniface VIII d'a\K)ir fait forger un faux titre dans ce but. Quoiqu'il en soit, son intervention fut légitime, puisque les Ecossais la provoquèrent. Il invita Edouard I à faire valoir devant le Saint-Siège ses prétentions personnelles. Edouard I n'alla pas à Rome, mais il convoqua un parlement à Lincoln, et comme les barons du royaume, réunis en cette assemblée, dénièrent les droits du pape, Edouard I per-sista dans sa résistance \ Il n'y eut pas d'excommunication, mais il n'y eut pas de paix, et les guerres d'Ecosse furent la conséquence de cet arbitrage manqué.